Les chemins ouverts par Horiki
À l’école d’art, Horiki présente à Yôzô l’alcool, le tabac, le mont-de-piété, les prostituées et un groupe politique clandestin. Ce n’est pas un grand corrupteur : seulement un aîné vaniteux, intéressé et très ordinaire. Les mêmes plaisirs ne le détruisent pas de la même manière, car Horiki conserve travail, réputation et limites. Yôzô suit ; lorsque celui qui l’a conduit repart, il reste là où la promenade l’a laissé.
Pour dire non, il faut un ailleurs
Refuser une invitation exige une raison située de notre côté : un engagement le lendemain, une personne à protéger, un autre lieu où aller. Depuis l’enfance, toute l’attention de Yôzô sert à lire les besoins présents dans la pièce. L’espace de ses propres projets reste sans exercice. Il n’est donc pas simplement faible : il collabore avec une remarquable habileté à chaque mouvement d’autrui, sans disposer de la phrase « j’ai autre chose à faire » qui donnerait au refus une prise.
Le silence autour de Tsuneko
Tsuneko, serveuse pauvre dont le mari est en prison, entre avec Yôzô dans la mer. Elle meurt et lui survit. Le carnet décrit sa fatigue, sa pauvreté et son odeur, mais presque rien de ce qu’elle voulait ni de ce qui la menait à mourir avec un homme à peine connu. Yôzô sait lire la demande que les autres lui adressent ; il ne conçoit pas toujours la part d’eux-mêmes qui ne le concerne pas. Comme son propre désir n’a pas de place, celui de Tsuneko demeure hors du récit.
Même ses décisions l’effacent
Recueilli par Shizuko et sa fille Shigeko, Yôzô entend leurs rires derrière une porte et décide qu’elles seraient heureuses sans lui. Il ne consulte pas Shizuko : il écrit encore le souhait supposé d’autrui et l’exécute en disparaissant. Sa demande en mariage à Yoshiko constitue l’une de ses rares initiatives positives. La vie presque ordinaire qui suit — travail, sobriété, petit appartement — prouve qu’il n’est pas dépourvu de choix, mais qu’il ne sait le maintenir que lorsqu’un désir propre a enfin reçu un nom.