Écrire le désir d’un autre de sa propre main
Avant de partir pour Tokyo, le père demande à ses enfants quel cadeau ils souhaitent. Yôzô ne trouve aucune réponse. La nuit, il ouvre en secret le carnet paternel et y inscrit « une danse du lion », parce qu’il a deviné le cadeau que son père voulait lui offrir. Le lendemain, le sourire du père confirme la méthode : lorsque la place de son propre désir est vide, il suffit d’observer le désir d’autrui et de le signer soi-même pour rétablir l’harmonie.
Le rire comme écran
À l’école, Yôzô chute exprès, écrit des textes grotesques et se fabrique un personnage d’idiot charmant. Il ne recherche pas exactement l’admiration. Tant qu’une assemblée rit, personne ne demande ce que pense celui qui l’amuse. L’épuisement et la sueur froide après chaque réussite montrent que le rire n’est pas sa récompense, mais un mur derrière lequel il se met à l’abri. Son numéro est moins une séduction qu’une technique pour ne pas être vu.
Celui qui comprend trop bien les humains
Il faut saisir l’atmosphère d’une classe pour tomber au bon moment et connaître la gêne d’un adulte pour trouver la phrase qui le détend. Yôzô devine l’attente de son père, l’opportunisme de Horiki et les besoins de nombreuses femmes. Sa formule « je ne comprends pas les humains » manque donc sa cible. Il comprend ce que chacun attend de lui ; il ne sait ni ce qu’il veut lui-même, ni ce que les autres veulent lorsqu’ils ne lui demandent rien.
Le portrait que Takeichi reconnaît
Takeichi murmure que la chute au trapèze était volontaire, et Yôzô croit son monde détruit. Pourtant le seul camarade qui voit le masque ne le dénonce pas. Devant un autoportrait sombre, caché à tous, il prédit même que Yôzô deviendra un grand peintre. Ces tableaux sans public ni usage contredisent l’idée d’un moi entièrement vide. Mais Yôzô préfère traiter Takeichi comme un risque à amadouer plutôt que prendre au sérieux la possibilité qu’un autre ait découvert en lui quelque chose de réel.