Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 64 · sur 81

Tant de choses échouent presque accomplies

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Agir avant que la forme ne se durcisse

Ce qui est stable se tient facilement ; ce qui n’a pas encore donné signe se prépare facilement ; ce qui est fragile se brise facilement ; ce qui est minuscule se disperse facilement. Gouverner avant le trouble et agir avant que la chose existe signifient travailler au point où une légère inflexion suffit.

Ce n’est pas écrire à l’avance un plan qui enferme tous les possibles. Ce serait la « connaissance prématurée » du chapitre 38. L’action juste ressemble plutôt au doigt qui oriente doucement l’eau avant la bifurcation : préparer des conditions et une marge, non construire un mur contre tout avenir imprévu.

Le grand pousse depuis l’infime

L’arbre que deux bras entourent naît d’un germe ; la haute terrasse d’un tas de terre ; les manuscrits ajoutent « une hauteur de cent brasses commence sous les pieds ». La tradition a remplacé cette dernière image par le voyage de mille lieues, magnifique proverbe mais moins aligné : les trois exemples anciens décrivent le passage d’une petite échelle à une grande.

Si le grand vient du minuscule, le soin doit commencer avec le germe. On ne redresse pas sans violence un tronc devenu immense. Mais prendre soin du germe ne signifie pas décider toute la forme de l’arbre : il faut eau, sol et lumière, puis le laisser accomplir sa propre architecture.

À la fin, comme au début

Forcer fait échouer, saisir fait perdre. Beaucoup échouent lorsque l’œuvre est presque achevée, parce que la proximité du résultat produit la phrase « c’est gagné ». Garder à la fin la prudence du premier jour n’est pas rester tendu ; c’est ne pas laisser l’image de l’accomplissement remplacer les derniers gestes concrets.

Le sage désire le non-désir, apprend le non-appris et revient vers ce que tous ont dépassé. Il aide le mouvement naturel des êtres sans oser le faire à leur place. Son expertise est un retour : plus la forme grandit, plus il garde contact avec le point non formé où l’on peut encore écouter, corriger et laisser vivre.