Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 75 · sur 81

Quand vivre devient trop lourd, plus rien ne fait peur

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Trois symptômes, une responsabilité

Le peuple a faim parce que ceux d’en haut prélèvent trop ; le gouvernement échoue parce qu’ils interviennent sous un prétexte ; les personnes méprisent la mort parce que vivre leur coûte trop cher. Laozi ne commence pas par dénoncer la décadence morale d’en bas. Il regarde la structure qui rend plusieurs personnes semblablement désespérées.

La variante est révélatrice : la soie parle du mauvais résultat du gouvernement, la tradition de personnes « difficiles à gouverner ». Un caractère déplace la responsabilité du dispositif vers ceux qui le subissent. Le chapitre 65 avait subi le même glissement lorsque la faculté de penser du peuple était devenue excès de ruse.

L’intervention « au nom de »

Le manuscrit distingue agir et agir « au moyen d’un motif ». Le danger vient de la main qui entre dans la vie d’autrui sous une bannière irréprochable — pour sa sécurité, son avenir, son bien. Plus le motif est noble, moins l’intrusion est interrogée.

Le non-agir n’est pas ne rien faire pour les personnes. Le bon responsable travaille souvent beaucoup hors de leur couche d’initiative : obtenir des ressources, retirer une pression, réparer une infrastructure, absorber un risque. Elles sentent moins sa main précisément parce qu’elle soutient le sol au lieu de manier leur volonté.

Le coût de vivre

« Chercher la vie est devenu lourd » ne veut pas dire que les personnes aiment trop leur existence. Cela signifie que bien vivre exige tant de ressources et d’effort qu’elles n’y croient plus. Lorsqu’une personne cesse soudain de tenir à quoi que ce soit, ce changement peut être le signe qu’elle a épuisé sa réserve à simplement tenir.

La réponse n’est donc pas une menace plus forte ni un sermon sur la responsabilité. Il faut rendre la vie moins lourde : alimentation, logement, temps, dignité et marge d’action. Prendre soin ne consiste pas à brandir « c’est pour votre bien », mais à retirer les conditions qui ont rendu le bien inaccessible.