Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 67 · sur 81

Le vrai courage naît de ce qui nous importe

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Trois trésors

Laozi garde trois trésors : la sollicitude, l’économie et le refus de se placer le premier sous le ciel. La sollicitude permet le courage ; l’économie, l’ampleur ; le refus d’être premier, la capacité de conduire les affaires. Chaque fruit pousse depuis une racine qui semble son contraire.

Le courage n’est pas l’indifférence de celui qui ne craint rien parce que rien ne compte. Les actes les plus courageux protègent une personne, une œuvre ou une vérité à laquelle l’agent tient davantage qu’à sa sécurité. La dureté se montre ; le courage répond à un attachement.

Économiser pour s’étendre, rester derrière pour conduire

L’économie n’est ni pauvreté ni avarice. Celui qui ne poursuit pas chaque occasion, ne disperse pas ses ressources et garde une marge peut aller plus loin. L’ampleur durable est tissée de retenues successives ; l’expansion qui consomme chaque réserve s’effondre sous sa propre étendue.

Refuser d’être le premier ne signifie pas fuir la responsabilité. La soie parle de devenir le chef des affaires, non des seuls instruments. Parce qu’il ne court pas après la scène, le sujet peut servir l’ensemble ; les affaires convergent vers celui qui ne les emploie pas comme marchepied.

Couper la racine détruit le fruit

Du courage sans sollicitude naît la violence ; de l’ampleur sans économie, l’épuisement ; de la première place sans le retrait, l’isolement. Laozi dit que chercher les fruits en supprimant leurs racines conduit à la mort. Ce n’est pas une menace, mais une causalité.

Le texte ajoute que sa grandeur « ne se sculpte pas ». Ne pas se sculpter signifie ne pas se fixer dans le profil « je suis celui qui sait X ». Comme la personne qui n’est pas un instrument, le sujet conserve plus de possibles que son expertise actuelle. Les trois trésors protègent cette ouverture : aimer assez pour agir, garder assez pour durer, se retirer assez pour que l’œuvre dépasse son auteur.