Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 48 · sur 81

Soustraire est plus difficile qu’ajouter

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Deux directions

Dans la poursuite savante, on ajoute chaque jour : concepts, techniques, certificats, distinctions. Laozi ne condamne pas l’apprentissage ordinaire. Il vise l’opération par laquelle chaque acquisition devient une nouvelle couche d’identité et un nouveau réflexe appliqué au monde avant de l’avoir vu.

« Entendre le Dao » retire chaque jour. Entendre est une posture réceptive, différente de « poursuivre le Dao » comme un objet à gagner. Ce qui se retire n’est pas la compétence, mais l’enseigne : l’idée que je dois maintenir le personnage du savant, du dirigeant ou de la bonne personne dans chaque geste.

La soustraction est active

Retirer une identité superflue peut demander davantage de courage qu’acquérir une qualification. Il faut reconnaître qu’un titre grâce auquel on a obtenu respect et sécurité ne dit plus ce que l’on fait ; qu’une méthode brillante empêche désormais d’écouter ; qu’une ambition admirée n’est peut-être pas notre besoin.

Cette soustraction ressemble à un travail de précision, non à un laisser-aller. On retire encore et encore, jusqu’au non-agir : une action qui ne porte plus le poids de prouver « qui je suis ». Les connaissances restent disponibles, mais elles cessent d’être le tribunal devant lequel la situation doit comparaître.

Sans forcer, rien n’est laissé de côté

« Non-agir, et rien qui ne soit fait » n’est pas une magie par laquelle l’inaction réussirait tout. Lorsque l’énergie n’est plus divisée entre la tâche et l’entretien de l’enseigne, elle peut répondre beaucoup plus entièrement à la tâche. Le geste devient moins spectaculaire et souvent plus efficace.

Qui veut prendre le monde par une activité incessante ne l’obtient pas ; qui cesse d’intervenir au-delà du nécessaire peut le recevoir. Soustraire ne signifie donc pas arrêter de créer ou de viser. Cela signifie demander, au milieu même de l’effort : quelle part de cet effort sert la chose, et quelle part sert le moi qui veut être vu en train de la faire ?