Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 44 · sur 81

Plus on possède, plus on s’inquiète

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Trois questions plutôt qu’un sermon

Qu’est-ce qui est plus proche, le nom ou la personne ? Qu’est-ce qui compte davantage, la personne ou les biens ? Qu’est-ce qui fait le plus mal, obtenir ou perdre ? Laozi n’impose pas la réponse. Ses questions obligent le lecteur à sentir la relation entre ce qui s’accumule dehors et le lieu depuis lequel il vit.

La « personne » n’est pas seulement le corps, mais le sujet entier et sa position propre. Renommée, objets et résultats peuvent être utiles ; ils deviennent dangereux lorsque leur maintien absorbe l’énergie qui devait servir la personne. À partir d’un certain point, ce que nous avons acquis nous possède par la peur de le perdre.

L’amour excessif dépense ce qu’il veut garder

Aimer excessivement entraîne une grande dépense ; amasser beaucoup entraîne une lourde perte. L’excès ne signifie pas émotion vive, mais volonté de rendre la chose permanente et intégrale. Une relation que l’on veut posséder entièrement est contrôlée jusqu’à ne plus respirer ; une réputation que l’on veut préserver sans faille interdit tout risque réel.

La perte n’arrive pas comme châtiment de l’avidité. Elle est le coût du gardiennage, puis l’effet du retour : en tentant d’exclure tout changement, on détruit la souplesse grâce à laquelle la chose pouvait durer. Plus la main serre, moins elle peut recevoir les mouvements de ce qu’elle tient.

Connaître le suffisant et le point d’arrêt

Connaître ce qui suffit protège de l’humiliation ; connaître l’arrêt protège du danger. Ce n’est ni renoncer à progresser ni se convaincre que la pauvreté est abondance. C’est retirer à « davantage » le statut d’horizon infini et reconnaître le moment où l’accumulation cesse de servir la vie qu’elle devait soutenir.

La durée appartient ainsi non au possesseur qui tient le plus fermement, mais à celui qui peut desserrer sa prise. Il peut continuer à créer, aimer et gagner sans mettre toute sa stabilité en gage dans le prochain ajout. « Assez » n’est pas une résignation ; c’est une compétence de mesure grâce à laquelle la personne demeure plus réelle que ses possessions.