On peut répondre aux messages, prendre le train et achever sa journée sans avoir le sentiment de l’avoir habitée. L’éveil suffit pour réagir ; la présence demande davantage.

Être présent ne consiste pas à surveiller chaque seconde. C’est pouvoir revenir à ce que l’on fait lorsqu’un détail, une personne ou une conséquence réclame notre attention.

Les automatismes sont indispensables : sans eux, le moindre geste épuiserait notre esprit. Ils deviennent dangereux quand aucun changement du réel ne peut les interrompre.

Une halte de quelques secondes suffit parfois : que fait mon corps, qui est devant moi, quel était le but ? L’attention est moins une lumière continue qu’une faculté de retour.

Une journée n’a pas besoin d’être mémorisée tout entière pour être nôtre. Mais aux moments décisifs, nous devons encore pouvoir reprendre la direction.