Toute pratique longue traverse des saisons silencieuses. Quand personne ne regarde, il est facile de croire que la valeur du travail a disparu avec la réaction.

Pouvoir y revenir sans récompense immédiate révèle un appui intérieur : une question à éclaircir, une personne à servir, une forme que l’on veut rendre juste.

Mais ignorer toute réponse extérieure n’est pas une vertu. La critique ou le silence d’un public peut signaler que notre manière de faire ne rejoint plus le réel.

Il faut distinguer l’information du commandement. Les réactions peuvent corriger la forme sans recevoir le pouvoir de décider seules de la direction.

Continuer sans applaudissements ne consiste pas à célébrer la solitude. C’est savoir pourquoi l’on revient, tout en laissant le monde transformer notre manière de poursuivre.