Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 70 · sur 81

Pourquoi les idées simples sont-elles si difficiles à vivre ?

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Nous ne manquons pas toujours d’une idée nouvelle

« Mes paroles sont très faciles à comprendre et très faciles à pratiquer ; pourtant personne sous le ciel ne sait les comprendre ni les pratiquer. » Se coucher plus tôt, écouter avant de répondre, ne pas agir sous la colère : la règle comporte peu de pièces. Cette simplicité ne rend pas le geste facile.

Entre entendre et faire s’étend une rivière. Nous collectionnons souvent une nouvelle maxime pour éviter de traverser avec l’ancienne. Laozi n’ajoute pas ici une doctrine supplémentaire ; il indique que la difficulté n’est plus dans le contenu, mais dans la conversion d’une phrase familière en acte unique et concret.

Une source pour les paroles, une racine pour les affaires

Ses paroles ont un principe et ses affaires une racine. Il ne faut pas mémoriser cent règles séparées : toutes reviennent au refus de fermer le réel et de coloniser autrui. Celui qui comprend ce pourquoi n’a pas besoin de consulter un manuel dans chaque situation ; la racine est devenue discernement.

La formule « personne ne me connaît » n’accuse pas les lecteurs d’être stupides. Une compréhension ne peut être transférée comme un objet. Une phrase entendue cent fois prend soudain corps après une erreur, une perte ou une décision ; ce jour-là, elle a poussé dans notre propre expérience.

Le jade sous le vêtement grossier

Parce que ceux qui comprennent sont rares, Laozi est précieux. Il ne s’en glorifie pas. La rareté augmente son devoir de parler sans promettre de pouvoir accomplir à la place de l’auditeur. Le sage porte un vêtement simple et garde le jade à l’intérieur : peu de signes, une substance réelle.

Pour lire ce chapitre, il faut remplacer « je connais déjà » par une question : quelle phrase simple n’ai-je jamais réellement mise en œuvre ? Une seule réponse tenue aujourd’hui vaut davantage qu’une nouvelle bibliothèque d’accords abstraits. Le Dao ne manque pas de formulations ; il manque du lieu vivant où la formulation devient notre geste.