Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 25 · sur 81

Le Dao se règle sur soi-même

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Ziran n’est pas la « Nature »

« L’homme se règle sur la terre, la terre sur le ciel, le ciel sur le Dao, le Dao sur ziran. » La dernière formule est l’une des plus célèbres et des plus mal comprises. Dans le lexique de Laozi, ziran signifie « ainsi de soi-même », comme lorsque le peuple dit au chapitre 17 : « nous sommes ainsi par nous-mêmes ». Ce n’est pas une entité appelée Nature que le Dao prendrait pour modèle.

Le Dao se règle sur soi signifie qu’il n’a pas d’instance supérieure. Cette auto-fondation appartient à la position ultime, pas à chaque individu. Transformer la phrase en mot d’ordre « je ne suis que ma propre loi » saute les niveaux que le chapitre prend soin d’ordonner.

Quatre grandeurs, et une nomination prudente

Avant toute forme, quelque chose de chaotique est là : indépendant, sans appui extérieur, circulant sans s’épuiser. Laozi dit qu’il ne connaît pas son nom et l’appelle provisoirement « Dao » ; forcé de le qualifier, il dit « grand ». Le nom reste un repère, non la capture d’une essence. S’y attacher comme à une définition contredirait le premier chapitre.

Il existe quatre grandeurs : Dao, ciel, terre et souverain. Le souverain n’est qu’une grandeur parmi quatre. Cette limitation est politique autant que cosmologique : aucun pouvoir humain ne peut se déclarer source de l’ordre qu’il habite. Il reçoit une place et une responsabilité dans une structure plus vaste.

Le point de départ humain

Pour le lecteur, la phrase décisive est la première : l’homme se règle sur la terre. Nous commençons avec le sol, les corps, les ressources, les autres êtres et les conséquences matérielles de nos actes. La relation de la terre au ciel et du ciel au Dao décrit l’architecture du monde ; elle n’est pas une liste d’étapes abstraites permettant de contourner notre condition.

Le « soi » du Dao et le « soi » du chapitre 24 ne sont donc pas interchangeables. Le premier est l’auto-fondation de ce qui n’a rien au-dessus de soi ; le second est l’évaluation d’un humain qui se prend à tort pour son propre fondement. Laozi ne condamne pas la singularité. Il demande seulement : où sommes-nous placés, sur quoi notre action s’appuie-t-elle, et quelles réalités perdons-nous lorsque nous prétendons n’avoir d’autre loi que nous-mêmes ?