Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
SAE · Consciousness in Everyday Life · Réécriture française
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De l’être-vers-la-mort à Non Dubito

Han Qin (秦汉)

La finitude ne dicte pas un programme

Savoir que nous mourrons ne prouve ni que tout est vain, ni qu’il faut remplir chaque minute. Le nihilisme et l’agitation sont déjà deux interprétations de la mort. La finitude pose une question plus exigeante : parmi les raisons reçues, lesquelles puis-je réellement assumer comme les miennes ? Vivre vers la mort, c’est retirer sa vie aux mesures empruntées et répondre de la signification que l’on donne à ses actes.

L’autre excède mes bonnes raisons

Je peux avoir d’excellentes raisons d’aimer, d’aider ou de respecter quelqu’un. Elles restent pourtant mes raisons. Additionner ce que je comprends, admire ou utilise chez l’autre ne produira jamais sa subjectivité depuis l’intérieur de mon monde. Non Dubito commence à cette limite : je peux douter de mon interprétation, contester sa décision et refuser de le suivre, sans douter pour autant qu’il est lui aussi une fin, et non le matériau de mon projet.

Deux exigences qui se corrigent

L’être-vers-la-mort, laissé seul, risque de fermer le monde autour de mon sens. Le respect abstrait, laissé sans engagement propre, risque de ne rien coûter. L’un exige : vis la vie dont tu peux répondre. L’autre ajoute : n’absorbe pas l’existence d’autrui pour y parvenir. Le nom Non Dubito ne promet donc aucune certitude sur le monde. Il désigne la fermeté d’un seul point, maintenu jusque dans le désaccord : l’autre aussi est une fin.