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Approfondissement théorique · Facultatif
Essai 15 sur 15
Facultatif · Approfondissement théorique

Facultatif — D’où vient la négativité ?

Han Qin (秦汉)

Un point de départ qui conserve son « si »

Cette dernière plongée, elle aussi facultative, ne prétend pas déduire le libre arbitre de la physique. Elle part d’une phrase délibérément conditionnelle : si un hasard ontique existe — non une imprévisibilité due à notre ignorance, mais des événements que les conditions antérieures ne déterminent pas de manière unique — un processus macroscopique pourrait-il en conserver un reste que ses causes antérieures n’épuisent pas ?

Le « si » ne doit jamais disparaître. L’interprétation du hasard dans la théorie quantique reste disputée. Les expériences inspirées du théorème de Bell ont écarté d’importantes familles d’explications par variables cachées locales ; elles n’ont pas tranché toutes les possibilités métaphysiques. SAE propose ici une route conditionnelle, non une conclusion éthique vêtue de l’autorité des sciences.

Le pare-feu théorique est explicite : si cette prémisse physique tombe, le trajet ontologique du présent essai tombe avec elle. Les treize essais structurels précédents restent valables dans leur propre juridiction.

Du hasard microscopique au reste macroscopique

Même l’existence d’un hasard ontique ne produirait pas directement un sujet. La plupart des variations microscopiques sont moyennées, dissipées ou perdues. La vraie question est de savoir si un système complexe peut amplifier une variation, la conserver et l’inscrire dans ses états ultérieurs, de telle sorte que les seules conditions extérieures ne suffisent plus à déterminer complètement ce qui suivra.

Un épisode de bruit isolé ne constitue pas encore une négativité. Un reste macroscopique devrait entrer dans un processus doté de mémoire : un événement sous-déterminé modifie une structure ; cette structure modifiée transforme les réponses futures ; le système répond alors aux produits de sa propre histoire. Le reste ne survient plus une seule fois, il participe à son propre déploiement.

Voilà une base physique candidate pour la négativité. Elle n’insère pas une âme mystérieuse dans la chaîne des causes. Elle demande si, dans un monde qui ne serait pas ontologiquement clos, certains processus complexes peuvent préserver et organiser ce défaut de clôture.

Le hasard n’est pas la liberté

Un lancer de dés ne crée pas un auteur. Qu’une décision arrive au hasard n’en fait pas ma décision. Entre le hasard ontique et la condition de sujet se trouvent au moins l’amplification, la conservation, la réponse récursive, l’auto-organisation et la reconnaissance. L’argument cherche l’origine possible d’une condition nécessaire ; il ne fournit aucune preuve accélérée de conditions suffisantes.

Cette distinction évite deux erreurs symétriques. Le déterminisme n’abolirait pas automatiquement l’éthique des treize premiers essais : ceux-ci prennent les personnes comme sujets et étudient ce qui leur permet de demeurer des fins. À l’inverse, l’indéterminisme n’établit pas le sujet, car être imprévisible et posséder des fins sont deux propriétés différentes.

L’apport le plus utile de l’ontologie est peut-être de répartir les questions. La physique demande si le réel laisse un reste. L’étude des systèmes complexes demande comment un reste pourrait être conservé. L’éthique demande quand reconnaître un processus durable comme source de fins.

Maintenir le pare-feu

Pourquoi terminer par ce texte ? Une éthique destinée à protéger les personnes ne doit pas exiger l’adhésion préalable à une interprétation controversée de la mécanique quantique. Dans la pratique, nous reconnaissons humains, animaux et sujets vulnérables sans attendre qu’un laboratoire détecte en chacun une « particule de sujet ».

Les premiers articles fondateurs proposent une théorie structurelle : étant donné que les personnes sont des sujets, quelles conditions institutionnelles, relationnelles et individuelles leur permettent de continuer comme fins ? La présente hypothèse cherche plus bas une explication ontologique possible. Le pare-feu interdit à cette explication de prendre en otage la portée éthique de ce qui la précède.

« D’où vient la négativité ? » n’est donc pas présenté comme la solution finale. C’est une route révisable, qui peut échouer : si le hasard ontique existe, et si des processus macroscopiques peuvent préserver puis organiser son reste, alors le refus d’être entièrement épuisé par les conditions extérieures reçoit une possibilité physique. Le mouvement suivant — reconnaître ce reste comme sujet — demeure notre responsabilité, et non le résultat automatique d’une expérience.

Cet essai est une réécriture autonome, destinée au grand public, de l’article fondateur 4 de SAE. L’argument complet et ses limites académiques demeurent dans l’article original. How Is Subjecthood Possible. Article original ↗ · DOI ↗