Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
← SAE et La Consolation de Philosophie de Boèce
SAE en dialogue avec la philosophie occidentale · Troisième série
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Selon la puissance du connaissant

Han Qin (秦汉)

Un principe formulé comme diagnostic

« Tout ce qui est connu est saisi non selon sa propre puissance, mais selon la capacité du connaissant. » La proposition décisive apparaît pour corriger une erreur : Boèce suppose que l’événement futur impose à une connaissance parfaite le mode qu’il possède en lui-même. Philosophie renverse la relation. Connaître est une activité du connaissant.

Un œil reçoit d’un coup, par la lumière, la rondeur d’une sphère ; la main en suit la courbe partie après partie. L’objet reste un, les modes de réception diffèrent. Philosophie ordonne ensuite sens, imagination, raison et intelligence. Chaque puissance juge avec ses propres moyens ; la supérieure comprend la saisie inférieure, tandis que l’inférieure ne peut atteindre d’elle-même ce que connaît la supérieure.

Un seuil commun, deux directions

SAE part d’une proximité réelle : toute saisie implique un acte de distinction du connaissant ; l’objet ne décide pas seul de la forme sous laquelle il sera reçu. SAE ajoute que chaque saisie laisse un reste. Celui-ci n’est pas une faute de l’objet, mais le compte ouvert par l’acte qui a tracé une limite.

Boèce monte. La déficience caractérise les rangs inférieurs et peut être reprise par une puissance supérieure, jusqu’à l’intelligence divine qui connaît sans la limitation de la raison humaine. SAE redescend vers l’adresse de chaque acte. Une enquête ultérieure peut découvrir ce que la première a manqué, mais elle ne transforme pas rétroactivement la première en saisie exhaustive. Le progrès demeure ; seule disparaît sa conversion en perfection passée.

Le tribunal des facultés

Boèce fait accuser la raison par le sens et l’imagination : puisqu’ils ne rencontrent que des individus, ils tiennent l’universel pour invention. La raison répond qu’elle contient leurs prises dans une compréhension plus large. Parce que l’être humain possède ces puissances, il confie le jugement à la raison. Puis il retourne honnêtement la mesure contre lui-même : la raison humaine ne doit pas juger l’intellect divin comme si Dieu ne pouvait connaître que discursivement.

La conclusion dépend néanmoins d’une ascension. Philosophie invite à être élevés, si nous le pouvons, au sommet de l’intelligence. La voix passive compte : une faculté inférieure ne devient pas supérieure par ses seules ressources. SAE, au même bord, n’élève pas le sujet au-delà de la juridiction de son acte. Il note où le jugement s’arrête et ouvre une branche non réglée. Boèce écrit la limite comme demande d’élévation ; SAE comme entrée non soldée.

Retourner le principe vers Philosophie

Philosophie elle-même nous parvient par la capacité de Boèce : son visage, sa robe déchirée et chaque mot survivant sont écrits dans son œuvre. Cela ne prouve pas qu’elle ne dépasse jamais son auteur. Cela limite seulement la preuve disponible : le livre ne peut certifier, avec ses propres matériaux, que l’examinatrice qu’il crée soit indépendante du champ qui la crée. Le principe qui restreint cette certification est celui qu’elle nous a donné.

Une phrase entendue enfant devient parfois intelligible vingt ans plus tard. La phrase n’a pas changé ; le récepteur, oui. Dans un conflit, l’un garde les mots, l’autre le visage et le ton. Il se peut que deux puissances aient reçu le même événement autrement. Boèce et SAE se rejoignent donc sur un seuil : l’objet ne dicte pas son mode d’être connu. Puis ils divergent. L’un ouvre la montée vers un savoir supérieur ; l’autre refuse que ce savoir efface le reste attaché à une réception antérieure.