Le panneau dit : « Dieu existe »
Pendant l’épidémie, l’étiquette protège une place vide ; après le massacre, cette place est déjà occupée par les documents qui nient l’événement.
La scène
Lorsque l’insomnie efface la mémoire de Macondo, les habitants écrivent le nom et l’usage des choses. Ils finissent par afficher même l’existence de Dieu, comme si les mots pouvaient retenir le monde.
Ce qu’elle révèle
Après le massacre de la bananeraie, l’État inscrit qu’il ne s’est rien passé. Le danger n’est plus l’absence de nom, mais un faux nom soutenu par toute une institution.
La question laissée ouverte
On peut étiqueter un vide. Quand le lieu de la mémoire est rempli par le déni officiel, résister exige aussi de contester qui possède le droit d’appeler quelque chose archive.
Cette édition française est une réécriture autonome destinée au lecteur francophone.