NON DUBITO · Lectures de cinéma
Lire La Légende du pianiste sur l’océan
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Ces trois essais partent d’un homme qui ne figure sur aucun registre. Ils suivent la manière dont une frontière héritée devient le monde qu’il fait sien, puis une amitié qui garde fidèlement sa trace sans pour autant lui donner raison.
On se souvient souvent de La Légende du pianiste sur l’océan comme d’une fable sur la pureté : un pianiste refuse la célébrité, le commerce et la terre. Ces trois essais remontent plus loin. Avant que 1900 soit en mesure de refuser quoi que ce soit, on l’a déjà trouvé, caché, nommé ; il a grandi sur le Virginian. Le navire est à la fois ce qui rend sa liberté possible et une frontière qu’il n’a pas choisie à l’origine.
D’une inexistence sur le papier, les trois lectures passent à la création dans un espace fini, puis à la façon dont on garde la trace d’un être. Elles demandent à quel moment une limite héritée peut devenir un choix personnel ; pourquoi quatre-vingt-huit touches peuvent faire davantage de place à la liberté qu’un clavier infini ; et comment Max, tout en refusant la dernière décision de son ami, fait encore parvenir sa vie entière aux oreilles d’un autre.
I. Une frontière qu’il n’avait pas choisie au départ
Avant que 1900 fasse du bateau son monde, d’autres l’y ont déjà placé. Seul le piano apparaît d’abord comme une chose vers laquelle il serait allé de lui-même pour la faire sienne.
II. Ce pas sur la passerelle
D’un côté de la passerelle, un instrument limité ; de l’autre, une ville sans limites. L’explication de 1900 est cohérente et puissante. Mais elle rend aussi parfaitement compte de la frontière dont il a hérité.
III. Ses derniers gestes
1900 n’exige pas qu’on lui donne raison, ne rabaisse pas ceux qui partent et continue de prendre soin de Max. Max, lui, répond en préservant la trace de son ami, sans cesser de refuser sa décision.