La scène
Celui qui touche la patte décrit une colonne, celui qui tient la trompe un serpent, celui qui palpe l’oreille un éventail. Aucun ne ment sur ce qu’il a touché. L’erreur apparaît lorsque chaque fragment revendique le droit de dire l’éléphant entier.
Ce que la morale laisse de côté
Multiplier les perspectives ne suffit pas. Il faut indiquer depuis quelle position chaque témoignage est obtenu, ce qu’il saisit et ce qui lui échappe. Si chacun défend son fragment comme un tout, davantage d’information peut produire davantage de conflit.
Rouvrir la fin
Nul ne possède forcément le regard royal qui embrasse l’ensemble. Nous pouvons décrire précisément ce que nous touchons tout en abandonnant la phrase « voilà tout ce qui existe ». Comprendre ensemble n’est pas voter entre les fragments, mais reconstruire leurs relations.