Nous imaginons parfois qu’une voie vraiment personnelle devrait être agréable chaque jour. Dès qu’un exercice ennuyeux apparaît, le choix semble suspect.
Or toute pratique possède des répétitions qui soutiennent son centre : gammes du musicien, classement du chercheur, comptes rendus du travailleur social.
La question porte moins sur le plaisir que sur le lien. Si l’exercice rend réellement possible le travail central, il existe une raison de le supporter.
Il ne faut cependant pas baptiser toute souffrance « discipline ». Humiliation, durée absurde et atteinte à la santé restent contestables, même au service d’un but choisi.
Une direction à soi n’est pas une suite de plaisirs. Elle permet de distinguer la difficulté nécessaire des conditions qu’il faut refuser ou transformer.