Non DubitoEssays in the Self-as-an-End Tradition
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Commentaire Dazhi du Daodejing
Chapitre 50 · sur 81

Trop vouloir vivre raccourcit la vie

Qin Han (Dazhi) · Han Qin

Quatre façons de rencontrer la vie et la mort

En sortant vers la vie, on entre dans la mort. Laozi répartit les personnes entre celles qui suivent spontanément la vie, celles qui se précipitent vers la mort, celles dont l’excès d’attachement à la vie les conduit au danger, et une minorité qui sait préserver sa marche. La troisième catégorie est la plus troublante : ses membres ne manquent ni de volonté ni de moyens ; ils en font trop.

La santé recherchée avec obsession devient anxiété et pratiques dommageables ; la sécurité poursuivie sans mesure maintient le corps en alerte ; le succès voulu à tout prix épuise les capacités qui devaient le rendre possible. « Faire vivre la vie » ajoute à vivre une construction permanente de la survie, et cette construction consume ce qu’elle protège.

Le véritable expert ne compte pas sur la chance

Celui qui sait préserver sa vie voyage sans rencontrer rhinocéros ni tigre, entre dans l’armée sans offrir de place aux cornes, aux griffes ou aux lames. Il n’est ni invulnérable ni favorisé par le destin. La pointe du texte est préventive : il reconnaît assez tôt les configurations dangereuses pour ne pas s’y installer.

La plus haute maîtrise ne consiste pas à survivre héroïquement sous un mur qui s’effondre, mais à ne pas rester sous ce mur. Le bon investisseur n’est pas seulement capable de réagir au krach ; il évite un levier qui peut le ruiner. Le bon dirigeant ne mise pas toute l’organisation sur une manœuvre dont l’échec serait fatal.

Ne pas offrir de « lieu de mort »

Les animaux et les armes ne trouvent chez cet homme aucun endroit où exercer leur puissance. Cela ne veut pas dire que le monde est sans risque, mais que sa manière de vivre ne transforme pas chaque désir en exposition maximale. Il ne doit pas vaincre le danger parce qu’il a refusé la situation où le danger deviendrait total.

Le chapitre propose deux examens : où mon effort pour conserver détruit-il ce que je veux conserver ? Dans quelles situations suis-je entré par fierté, avidité ou besoin de prouver que je saurais en sortir ? Préserver n’est pas serrer plus fort. C’est vivre assez lucidement pour distinguer le courage de l’exposition inutile.