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NON DUBITO · Calligraphie · Calligraphie chinoise

Le Hanshi tie de Su Shi : le vers est lu, jusqu’où le regard doit-il encore aller ?

Le poème s’achève, mais le regard doit encore avancer. Suivons les colonnes, l’encre, les corrections et les mains qui se succèdent dans le rouleau de Su Shi.

Dans cet essai

Lorsqu’on arrive à « 死灰吹不起 », « Ces cendres mortes, nul souffle ne les ranime », les yeux ne peuvent pas encore s’arrêter. Le caractère 不, qui porte la négation, se trouve déjà au bas d’une colonne. Le dernier, 起, « se relever », ici « reprendre vie », occupe à lui seul le haut de la colonne suivante, à gauche. Pour achever ces cinq caractères, il faut quitter le bord inférieur du papier et remonter vers la gauche. Sous 起 s’étend une longue plage sans texte du poème.

Ce caractère n’a rien de frêle. Sa partie inférieure se déploie vers la droite ; son encre ne s’efface pas. Le vers parle de cendres qu’aucun souffle ne peut plus ranimer, tandis que l’écriture laisse nettement son dernier caractère en hauteur. Nous rencontrons d’abord deux fins distinctes : le sens s’achemine vers l’extinction, mais le regard doit encore accomplir un déplacement.

Fin du texte de Su Shi : 不, la négation, au bas de la colonne centrale, et 起, « reprendre vie », en haut à gauche
Figure 1. Fin du texte de Su Shi. Les colonnes se lisent de droite à gauche, chacune de haut en bas. 不 est au bas de la colonne centrale ; 起, en haut de celle de gauche. Ce détail ne comprend ni la mention finale de Su Shi ni les inscriptions ultérieures, situées plus à gauche. Les sceaux rouges relèvent de l’histoire des collections. Musée national du Palais, Taipei ; recadrage d’une photographie du musée. Photographie officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

La force du Hanshi tie, le rouleau calligraphié des poèmes de la Fête des aliments froids, tient à cette répartition inégale de l’écriture. Chaque vers compte cinq caractères. Sur le papier, certains s’assemblent en masses denses, d’autres se resserrent en traits fins ; une colonne peut accueillir beaucoup de caractères ou s’achever après un seul. Le texte demeure lisible, mais les yeux doivent sans cesse changer de pas.

Le rouleau conservé aujourd’hui au Musée national du Palais, à Taipei, sous le titre Poèmes de la Fête des aliments froids à Huangzhou, réunit le manuscrit poétique de Su Shi, une postface calligraphiée de Huang Tingjian, puis des inscriptions et des sceaux ajoutés au fil du temps. Un rouleau horizontal se déroule de droite à gauche ; dans chaque colonne, on lit de haut en bas. Nous regarderons d’abord les deux poèmes et la mention finale écrits par Su Shi, sans fondre en une seule séance d’écriture les grands caractères, les petites inscriptions et les sceaux des autres intervenants.

Les deux poèmes datent de la cinquième année de l’ère Yuanfeng, soit 1082, pendant la relégation de Su Shi à Huangzhou. Le manuscrit conservé ne porte pas de date d’exécution. La notice détaillée du musée situe sa réalisation après la composition des poèmes, sans en fixer l’année exacte. Notice du Musée national du Palais

Lire d’abord les deux poèmes jusqu’au bout

Le chinois ci-dessous reprend le texte après corrections du manuscrit, en caractères simplifiés usuels. La ponctuation et les vers de cinq caractères ont été rétablis pour la lecture : ils ne reproduisent pas les colonnes du rouleau. Dans les commentaires des images, les formes traditionnelles visibles sur l’œuvre sont également données. Ainsi, le caractère 灶, « fourneau », du texte imprimé correspond à 竈 sur le manuscrit. Il n’est pas nécessaire de savoir lire le chinois pour suivre les repères visuels.

Premier poème

自我来黄州,已过三寒食。
年年欲惜春,春去不容惜。
今年又苦雨,两月秋萧瑟。
卧闻海棠花,泥污燕支雪。
暗中偷负去,夜半真有力。
何殊病少年,病起头已白。

Depuis que je suis venu à Huangzhou,
trois Fêtes des aliments froids ont déjà passé.
Chaque année je voudrais retenir le printemps ;
il s’en va, sans se laisser retenir.
Cette année encore, les pluies me tourmentent :
depuis deux mois, une désolation d’automne.
Couché, j’entends dire que les fleurs de haitang sont tombées,
leur neige de fard rouge souillée de boue.
Quelqu’un les emporte sur son dos, à la faveur des ténèbres :
au cœur de la nuit, quelle force !
Tel un jeune homme frappé par la maladie,
qui se relève, les cheveux déjà blancs.

Depuis son arrivée à Huangzhou, trois fêtes ont passé. Chaque année, le poète voudrait garder le printemps auprès de lui, mais la saison échappe à son désir. Cette fois encore, des pluies prolongées donnent deux mois durant au printemps la désolation de l’automne. Couché, il apprend la chute des fleurs de haitang, le pommier d’ornement : leurs pétales, rouges comme le fard et blancs comme la neige, sont souillés de boue. Les belles choses semblent avoir été emportées furtivement sur le dos de quelqu’un, à la faveur de la nuit. Leur sort devient celui d’un jeune homme qui tombe malade et se relève avec les cheveux blancs.

燕支, « fard rouge », désigne le rouge à joues et évoque ici la couleur des fleurs. L’image de « les emporter furtivement sur son dos », 偷负去, renvoie au chapitre « Le Grand Maître » du Zhuangzi : même ce que l’on croit solidement caché peut être emporté au milieu de la nuit par un être assez puissant. Ici, la chute des fleurs donne une forme visible au départ du printemps. Le dernier vers transforme soudain la disparition d’une saison en vieillissement humain. Le passage du Zhuangzi, en chinois

Second poème

春江欲入户,雨势来不已。
小屋如渔舟,濛濛水云里。
空庖煮寒菜,破灶烧湿苇。
那知是寒食,但见乌衔纸。
君门深九重,坟墓在万里。
也拟哭涂穷,死灰吹不起。

Le fleuve printanier va entrer par ma porte ;
la pluie ne cesse d’affluer.
Ma petite maison est comme une barque de pêcheur,
perdue dans la brume des eaux et des nuages.
Dans la cuisine vide, je fais cuire de maigres légumes ;
au fourneau brisé, je brûle des roseaux mouillés.
Comment savoir que c’est la Fête des aliments froids ?
Je ne vois que des corbeaux portant du papier au bec.
Neuf enceintes me séparent de la porte du souverain ;
les tombes sont à dix mille lis.
Je voudrais, moi aussi, pleurer au bout du chemin ;
ces cendres mortes, nul souffle ne les ranime.

Le fleuve menace de franchir le seuil et la pluie continue. La petite maison ressemble à une barque de pêcheur prise dans les eaux et les nuages. Dans une cuisine vide, on fait cuire des légumes ; le fourneau est brisé, et les roseaux humides brûlent mal. Qu’est-ce qui indique le jour de la Fête des aliments froids ? Seulement les corbeaux qui emportent du papier destiné aux rites funéraires. La cour impériale reste derrière des portes successives ; les tombes des ancêtres sont au loin, au pays natal. Le poète voudrait pleurer comme Ruan Ji lorsqu’il arrivait au bout d’une route sans issue. Mais il se sent déjà pareil à des cendres éteintes, incapables de reprendre feu.

Les « neuf enceintes » de 君门深九重 disent combien la cour est inaccessible. Le li est une unité chinoise de distance. Les « dix mille lis » de 万里 expriment l’éloignement des tombes où l’on voudrait se recueillir ; il ne s’agit pas d’une distance à mesurer. 哭涂穷, « pleurer au bout du chemin », évoque Ruan Ji, qui éclatait en sanglots lorsque sa route ne menait plus nulle part, puis faisait demi-tour. Les « cendres mortes », 死灰, peuvent aussi rappeler Han Anguo : alors qu’il était tombé en disgrâce, il avait invoqué la possibilité que des cendres éteintes reprennent feu. Le poème referme cette possibilité avec 吹不起, « aucun souffle ne peut les ranimer ». Biographie de Ruan Ji dans le Livre des Jin, en chinois ; origine de l’expression « les cendres mortes reprennent feu », dictionnaire du ministère de l’Éducation de Taïwan

La détresse des deux poèmes avance par des situations très concrètes. Dans le premier, le printemps, les fleurs et la jeunesse sont emportés ; ce qui possède la « force », c’est ce qui les ravit. Le second entre dans la maison, montre le récipient de cuisson, le fourneau et les roseaux difficiles à brûler, puis porte le regard vers la cour et le pays natal, tous deux inaccessibles. Les cendres du dernier vers restent ainsi liées au fourneau que l’on vient de voir. Le dénuement ne se réduit pas à un mot abstrait désignant un état d’âme.

Nous avons compris les poèmes. Nous n’avons pourtant pas fini de regarder leur écriture. Pourquoi les mêmes phrases, déposées sur ce papier, imposent-elles encore aux yeux un tel parcours ?

Les vers ont leurs articulations, l’encre son parcours

Au commencement du rouleau, 自我来黄州, « Depuis que je suis venu à Huangzhou », n’occupe pas une colonne autonome. La suite, 已过三寒, « déjà passé trois [fêtes des aliments] froids », descend dans la même colonne ; seul 食, « aliment », passe en haut de la suivante, à gauche. 寒, « froid », et 食, « aliment », forment ensemble le nom de la fête, 寒食. L’esprit reconnaît leur unité, mais les yeux doivent franchir l’intervalle entre deux colonnes pour les réunir.

Un peu plus à gauche, dans 春去不容惜, « le printemps s’en va sans se laisser retenir », les deux derniers caractères, 容惜, « permettre de retenir/chérir », sont à nouveau reportés au début de la colonne suivante. Viennent ensuite 今年又苦雨,两月秋, « cette année encore les pluies me tourmentent, deux mois d’automne ». La fin d’un vers et le début du suivant traversent une même colonne : les changements de colonne ne circonscrivent pas chaque unité de sens. Le manuscrit maintient la continuité du texte tout en faisant intervenir les longueurs disponibles sur le papier dans son organisation.

Trois premières colonnes : 寒, « froid », en bas à droite ; 食, « aliment », en haut au centre ; 年, « année », au centre avec son long trait descendant
Figure 2. Les trois premières colonnes, à lire de droite à gauche. 寒/食, « aliments froids », est réparti entre deux colonnes, tout comme 不/容惜, « ne pas / permettre de retenir ». Dans la colonne centrale, de petites marques après 年, « année », et 春, « printemps », indiquent la répétition du caractère. Tous les petits signes visibles ne sont donc pas de la ponctuation. Musée national du Palais, Taipei ; recadrage d’une photographie du musée. Photographie officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

La répétition de 春, « printemps », franchit la limite entre deux vers : le premier 春 achève « vouloir retenir le printemps », le second ouvre « le printemps s’en va ».

L’emplacement de 年年, « chaque année », mérite une pause. Le caractère 年, « année », au centre de l’image, présente dans sa partie supérieure d’épais traits horizontaux ; son dernier trait descend très loin, séparant le corps du caractère du 欲 suivant, « vouloir ». Dans la colonne voisine de droite, les caractères se succèdent en descendant ; à gauche, la colonne 容惜今年又苦雨两月秋 contient davantage de caractères. Ces trois colonnes juxtaposées proposent déjà des parcours de densités différentes. Dire que le début est « régulier » n’a de sens que par rapport aux variations ultérieures. Cela ne signifie pas que chaque caractère y respecte une case de même dimension.

La plupart de ces caractères ne sont pas reliés du premier au dernier par un trait continu. Leur enchaînement repose sur la direction du trait précédent, l’endroit où tombe le caractère suivant et la largeur des espaces alentour. La critique calligraphique traditionnelle nomme ce lien xingqi (行气), que l’on peut comprendre comme le souffle ou la continuité d’une colonne. Ce « souffle » se laisse observer concrètement : l’œil descend le long d’un trait étiré, rencontre un caractère plus petit, s’arrête, puis se tourne vers la colonne voisine à partir d’un caractère qui s’ouvre horizontalement. Une relation se noue aussi là où les traits ne se touchent pas.

La vue d’ensemble du texte de Su Shi montre plus nettement encore que ce parcours n’est pas une pente où tout irait de plus en plus vite. Dans le second poème, certains caractères grandissent et prennent incontestablement plus de poids ; pourtant, l’écriture se resserre aussi, s’allège, puis se regroupe. Chaque passage demande à être vu avec les caractères qui l’entourent.

Vue d’ensemble pour se repérer dans le texte de Su Shi ; photographies par sections de l’exposition de 2025 du musée

Dans l’encre dense subsistent des traits fins et des espaces

Cinq colonnes du second poème : à droite 破竈, « fourneau brisé », puis 燒濕葦, « brûler des roseaux mouillés » ; dans la suivante, 寒食, « aliments froids »
Figure 3. Cinq colonnes adjacentes du second poème, à lire de droite à gauche et de haut en bas. La première commence par 破竈, « fourneau brisé », puis descend vers les traits plus fins de 濕葦, « roseaux mouillés ». La deuxième contient 寒食, le nom de la fête, puis 但見烏, « ne voir que des corbeaux ». Les trois colonnes suivantes permettent de comparer les fins de colonne serrées à l’ouverture de la colonne suivante. Musée national du Palais, Taipei ; recadrage d’une photographie du musée. Photographie officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Dans le second poème, 破灶, « fourneau brisé », attire particulièrement l’attention. Pour le trouver sur l’image, regardons les deux grands caractères au sommet de la colonne de droite. Les parties gauche et droite de 破, « brisé », s’écartent. 灶, « fourneau », apparaît sur le manuscrit sous la forme traditionnelle 竈 : son élément supérieur couvre un réseau de changements de direction très serrés qui occupe une grande surface. Les yeux peuvent difficilement glisser sur ces deux caractères sans s’y attarder.

Mais, en descendant cette même colonne, les traits ne continuent pas à épaissir. Après 燒, « brûler » (烧 dans la transcription simplifiée), 濕, « mouillé » (湿), comporte des parties fines et pointues. Le dernier trait de 葦, « roseau » (苇), devient une très longue verticale qui descend presque jusqu’au 那 final, « comment » dans la question qui commence ici. À la masse des grands caractères succèdent un trait fin et, de part et d’autre, du papier dégagé. Le poids de l’écriture change à l’intérieur d’une seule colonne.

Il en va de même dans la colonne voisine, 知是寒食但見烏 : « savoir [que] c’est la Fête des aliments froids, ne voir que des corbeaux ». 寒, « froid », est assez épais ; plusieurs traits horizontaux s’y regroupent. 食, « aliment », prend une forme plus étroite. Plus bas, les traits de 但, « seulement », et de 見, « voir » (见), sont nettement plus légers. La courbe inférieure de 見 s’étend sur le côté, avant l’apparition de 烏, « corbeau » (乌), plus déployé. Dire simplement que le second poème devient « toujours plus grand et plus noir » ferait disparaître ces détails.

Les variations se produisent aussi à l’intérieur des caractères. Une encre dense n’abolit pas tous les espaces. Comparons les petites surfaces de papier entourées de traits dans 竈, « fourneau », avec l’espace intérieur, plus large, de 見, « voir » : ici, le noir se rassemble en un réseau serré ; là, de fines lignes entourent un vide. Une photographie permet de comparer, à l’intérieur d’une même image, les densités d’encre, les épaisseurs et les réserves de papier. Elle ne permet pas de convertir la seule noirceur en mesure de la pression exercée sur le pinceau ou de sa vitesse.

La deuxième colonne à partir de la gauche, 九重墳墓在万里也擬, propose une autre compression. Son début, 九重, « neuf enceintes », appartient encore au vers sur la cour ; viennent ensuite « les tombes sont à dix mille lis, je voudrais aussi ». 九, « neuf », et 重, « enceinte/couche », se déploient en haut. Plus on descend, plus les caractères se serrent. Les trois derniers, 里, « li », 也, « aussi », et 擬, « envisager, vouloir » (拟), se regroupent près du bord inférieur. Dans la colonne suivante, 哭, « pleurer », 涂, « chemin », et 窮, « bout, épuisement » (穷), s’ouvrent de nouveau. Les replis intérieurs de 窮 forment notamment une grande structure de noir et de papier clair. Le parcours qui venait de se resserrer se desserre encore.

La tension que je lis naît de ces reprises successives : les masses épaisses retiennent les yeux, les traits fins leur rendent le passage, puis l’entassement en bas d’une colonne rend imminent le prochain déplacement. Le poème se heurte sans cesse à des obstacles ; le manuscrit fait lui aussi parcourir au lecteur une route aux intervalles inégaux. Les deux se renforcent dans notre regard, sans qu’il faille attribuer chaque tournant du trait à une seconde précise de la douleur ou de l’indignation de Su Shi.

Les caractères corrigés gardent leur place sur le papier

Vers la fin du premier poème, de grands caractères donnent 何殊少, « en quoi [cela] diffère-t-il d’un jeune… ». Un petit 病, « malade », se glisse à droite de 少, « jeune ». Dans la colonne suivante, sous 年, « années », qui complète 少年, « jeune homme », le caractère 子, « enfant », a été annulé par des points d’encre. Vient ensuite 病起頭已白, « relevé de maladie, les cheveux déjà blancs ». La lecture après correction est 何殊病少年 : « Tel un jeune homme frappé par la maladie ».

Cette modification ne concerne pas seulement l’établissement du texte. Les grands caractères approchent déjà du bas du papier, mais un petit caractère entre de côté ; dans la colonne suivante, l’élément supprimé demeure visible. Le regard doit distinguer, parmi ces tailles différentes, cet ajout latéral et ces annulations, ce qui se lit encore dans le poème et ce qui garde la trace de son écriture.

Fin du premier poème : petit 病, « malade », ajouté à droite de 少, « jeune » ; 子 annulé sous 年 dans la colonne de gauche ; plus bas, 頭, « tête »
Figure 4. Près du bas de la colonne de droite, le petit 病, « malade », est ajouté à côté de 少, « jeune ». Dans la colonne de gauche, 子, « enfant », sous 年, est annulé par des points. Après 病起, « se relever de maladie », le caractère est lu ici 頭, « tête », conformément au manuscrit visible et à la transcription détaillée du catalogue. Il correspond à 头 dans le poème imprimé. Musée national du Palais, Taipei ; recadrage d’une photographie du musée. Photographie officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Le début du second poème offre une trace semblable : après 雨势来不已, « la pluie ne cesse d’affluer », un 雨 supplémentaire, « pluie », a lui aussi été annulé par des points. Sorti du poème, il n’a pas disparu du papier. Un livre imprimé peut remettre en ordre la seule version corrigée. Cette feuille conserve ensemble le texte retenu et ce que sa correction n’a pas effacé.

Ces suppressions et ces ajouts font revenir l’écriture sur elle-même. Les grands ensembles de traits déjà posés, le petit caractère introduit de côté et l’encre exclue du poème mais toujours présente se rencontrent dans le même espace. La correction ne rend pas au papier son état d’avant la modification : elle entre dans les rapports de densité de ce passage.

À la fin, le 起 isolé dans une nouvelle colonne achève la phrase et arrête cette suite de retours. Le 不, « ne pas », au bas de la colonne précédente le retient encore dans le vers ; sous 起, aucun texte poétique ne vient prolonger la descente. La colonne s’est soudain raccourcie. Le blanc acquiert ainsi un poids différent de celui des intervalles entre les caractères.

Plus à gauche, une autre main a pris le relais

Su Shi termine par 右黄州寒食二首, « Ci-contre à droite : deux poèmes de la Fête des aliments froids à Huangzhou ». 右, « droite », correspond au sens de lecture du rouleau : le texte que l’on vient de parcourir se trouve à droite de cette mention finale.

Les grands caractères qui apparaissent plus à gauche appartiennent à la postface de Huang Tingjian. Le musée la situe avant le neuvième mois du calendrier lunaire de l’année 1100. Entre les deux écritures, celle de Su Shi et celle de Huang, on voit aujourd’hui de petits caractères ajoutés bien plus tard par l’empereur Qianlong. Les autres inscriptions qui suivent appartiennent encore à d’autres moments. Le montage du rouleau rapproche ces lectures et ces gestes de collection sans les réunir dans une seule scène historique. Notice et images du musée

Huang Tingjian commence par les poèmes : il y trouve une affinité avec Li Bai, et même quelque chose que Li Bai n’aurait peut-être pas atteint. Il passe ensuite à l’écriture, où il reconnaît des manières de manier le pinceau apparentées à Yan Zhenqing, Yang Ningshi et Li Jianzhong. Enfin, il écrit :

> 试使东坡复为之,未必及此。它日东坡或见此书,应笑我于无佛处称尊也。 > > Que l’on demande à Dongpo de le refaire : il n’est pas certain qu’il atteigne ce résultat. Si un jour Dongpo voit cette inscription, il rira sans doute de me voir me proclamer vénérable là où il n’y a pas de Bouddha.

Dongpo est le nom sous lequel Su Shi est également connu. Nous lisons ici le jugement d’un calligraphe qui le connaissait bien, devant une œuvre particulière. Huang souligne qu’une nouvelle exécution ne produirait pas forcément le même résultat, avec la modestie et la plaisanterie que permet l’amitié. Son appréciation porte sur ce manuscrit précis : le même auteur, reprenant les mêmes vers, ne retrouverait pas nécessairement ces rapports entre les formes.

Début de la postface de Huang Tingjian : 東坡, « Dongpo », les deux premiers grands caractères en haut de la colonne de droite
Figure 5. Début de la postface de Huang Tingjian : 東坡此詩似李太白…, « Ce poème de Dongpo ressemble à ceux de Li Taibai [Li Bai]… ». 東 correspond au 东 simplifié ; 東坡 est le nom Dongpo. Il s’agit d’un commentaire ultérieur et d’une autre main, pas de la suite de l’écriture de Su Shi. Musée national du Palais, Taipei ; recadrage d’une photographie du musée. Photographie officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Dans l’ensemble, les caractères de la postface de Huang sont plus grands que ceux du texte de Su Shi, et leurs traits se déploient autrement. Regardons les deux premiers, 東坡, « Dongpo », en haut à droite : les obliques et les traits qui descendent vers la gauche ou la droite partent de l’intérieur des caractères et se projettent au-dehors. Ces lignes plus longues ouvrent l’espace central. Le poids de l’encre qui se rassemble chez Su Shi autour de 破竈, « fourneau brisé », laisse ici place à une attitude plus expansive. On peut comparer les deux passages, mais on ne peut pas en faire le récit d’une écriture de Su Shi qui gagnerait progressivement en exaltation jusqu’à ces grands caractères : ils sont déjà de Huang Tingjian.

Les sceaux rouges constituent une troisième couche. Carrés ou ronds, ils se répartissent entre les caractères et près des bords, certains empiétant sur le voisinage des traits. Notre regard passe nécessairement aujourd’hui par ces marques rouges. Elles témoignent des collections, des appréciations et des appropriations successives de l’œuvre. Lorsque l’on examine la manière dont Su Shi organise ses colonnes, il faut se rappeler que beaucoup de ces sceaux ne se trouvaient pas encore sur le papier au moment où il écrivait.

Revenons au 起 de l’ouverture : nous distinguons mieux ce qu’il termine. Les vers de Su Shi s’achèvent là. À gauche, il reste sa mention finale, le commentaire d’un autre homme, puis les caractères et les sceaux que d’autres continueront d’ajouter. La transmission de l’œuvre se poursuit ; cette exécution du texte poétique, elle, s’est arrêtée.

Le Hanshi tie laisse à un poème déjà compris un parcours qu’aucune transcription ne peut effectuer à notre place. Ses longues verticales, ses traits fins, ses densités, ses annulations et ses changements de colonne donnent au langage des distances concrètes sur le papier. Quand nous regardons de nouveau après avoir compris, ces distances commencent tout juste à devenir visibles.

Lecture complémentaire facultative : qu’attend le regard après avoir lu le poème ?

Disons d’abord intérieurement le dernier vers, 死灰吹不起, « Ces cendres mortes, nul souffle ne les ranime », puis regardons la figure 1. Une première fois, en suivant le sens, nous pouvons vite trouver 起 et finir la phrase. Une seconde fois, essayons de suivre le parcours de l’encre : descendre de 死, « mort », à 灰, « cendre », puis 吹, « souffler », et 不, la négation, avant de remonter vers 起, « reprendre vie », en haut à gauche.

L’image est la même. Pourtant, la familiarité du vers peut nous avoir fait sauter le déplacement lors du premier regard. Nous savons déjà quel est le dernier caractère ; nous risquons de croire que nous avons aussi vu clairement où il se trouve.

Comparons avec 已过三寒食, « trois Fêtes des aliments froids ont déjà passé ». Au début du rouleau, la colonne de droite descend jusqu’à 寒, « froid » ; 食, « aliment », n’apparaît que dans la suivante, à gauche. Cette fois, aucun vaste blanc ne nous attend après le franchissement : 食 est suivi de 年年欲惜春, « chaque année je voudrais retenir le printemps ». Dans les deux cas, changer de colonne permet d’achever un mot ou une expression. Mais un déplacement nous engage aussitôt dans la suite, tandis que l’autre termine le texte. Ils n’ont pas le même poids.

Dans 《那个音还没响,你已经在等了》, essai dont le titre peut se rendre par « La note n’a pas encore sonné, et déjà vous l’attendez » (original chinois), j’ai écrit sur la manière dont une mélodie familière nous fait attendre d’avance la note suivante. J’y écrivais aussi : « 熟透了,也没有用完 », « Même parfaitement familier, cela n’est pas épuisé. » Cette réflexion oriente l’attention vers un fait précis : ce que nous gardons en mémoire contribue à organiser la manière dont l’instant suivant vient à notre rencontre.

La « beauté cognitive » de SAE (Self-as-an-End) attire ici l’attention sur notre propre lecture. La familiarité avec les vers de cinq caractères nous fait prévoir leur point d’arrivée. Celle du mot 寒食, « Fête des aliments froids », nous fait réunir activement deux caractères séparés par un changement de colonne. Comprendre aide à voir ; parfois, la compréhension parcourt aussi le chemin plus vite que le regard.

Il n’est pas nécessaire d’essayer d’oublier le sens du poème. Il suffit de revenir aux phrases déjà lues et d’indiquer sur le papier l’endroit où elles se raccordent et celui où elles s’arrêtent. Nous voyons alors comment l’attente du sens et l’emplacement des traces d’encre agissent ensemble. Le rythme de la calligraphie ne réside donc pas seulement dans le geste passé de celui qui écrit. Il se produit aussi, maintenant, dans notre façon de parcourir ces caractères immobiles.

Repères visuels et établissement du texte, avec les sept images et leurs transformations

Cette lecture s’appuie sur les photographies publiques en haute définition du Musée national du Palais ; elle ne rapporte pas un examen de l’original sur place. La photographie et l’écran modifient la perception du papier, de l’encre et des dimensions. Les comparaisons portent principalement sur les traits, les formes et les intervalles à l’intérieur d’une même image.

  • Les cinq détails intégrés à l’article sont de simples recadrages rectangulaires des photographies du musée, réduits proportionnellement. Aucun trait n’a été ajouté, aucun sceau supprimé ; les couleurs n’ont pas été retouchées et aucune écriture n’a été générée. Les indications complètes de fabrication, les liens directs vers les originaux et les crédits figurent dans la notice commune des images.
  • Le texte corrigé est lu 何殊病少年, « tel un jeune homme frappé par la maladie », puis 病起頭已白, « relevé de maladie, les cheveux déjà blancs ». La page de présentation détaillée du musée donne 鬚, « barbe », là où la transcription caractère par caractère du catalogue donne 頭, « tête ». Nous retenons 頭, conformément à cette dernière et au manuscrit visible. Le 子 annulé et le 雨, « pluie », écrit en trop dans le second poème ne font pas partie du texte corrigé. Les signes de répétition sont développés en caractères répétés.
  • Les dimensions 34,2 × 199,5 cm sont celles de l’unité cataloguée comme 本幅, le « champ principal » de l’œuvre. Elles ne sont pas présentées ici comme les dimensions autonomes du seul passage écrit par Su Shi.
  • La postface de Huang Tingjian, les inscriptions de Qianlong et des autres lecteurs, ainsi que les sceaux de collection, sont distingués du texte de Su Shi. L’année de composition des poèmes ne fournit pas la date exacte du manuscrit conservé. Les corrections ne suffisent pas à prouver qu’il s’agit de la première composition du poème ; l’écriture ne sert pas non plus de preuve directe d’un trait de personnalité ou d’un état psychologique précis.

Repères dans les sept images communes

Les images 00 et 06 portent des indications intégrées en chinois. Voici comment les utiliser sans lire ces indications. Partout, chaque colonne d’écriture descend de haut en bas ; les colonnes se succèdent de droite à gauche.

  • 00 · Vue d’ensemble du texte de Su Shi : trois photographies sont disposées côte à côte. Commencer par le panneau de droite, poursuivre par celui du centre, puis celui de gauche. Ce sont respectivement le début, le milieu et la fin du texte. Les zones de chevauchement ont été conservées ; ce montage n’est pas une photographie continue et ne permet pas de mesurer la longueur réelle du passage. Un fragment de petites inscriptions ultérieures demeure à l’extrême gauche ; il n’appartient pas au texte de Su Shi.
  • 01 · Fin du second poème : dans la colonne centrale, descendre jusqu’à 不, « ne pas », tout en bas, puis remonter à gauche jusqu’au 起 isolé, « reprendre vie ». Le grand espace situé dessous marque l’arrêt du texte poétique.
  • 02 · Début du premier poème : dans la colonne de droite, 寒, « froid », est en bas ; 食, « aliment », reprend en haut de la colonne centrale. Sous 年, « année », puis 春, « printemps », les petits signes demandent de répéter le caractère. Le long trait vertical de 年 permet de repérer facilement la colonne centrale.
  • 03 · Cinq colonnes du second poème : de droite à gauche, 破竈燒濕葦那 (« fourneau brisé, brûler des roseaux mouillés, comment… »), 知是寒食但見烏 (« savoir que c’est la fête, ne voir que les corbeaux… »), 銜帋君門深 (« portant du papier au bec ; la porte du souverain, profondément… »), 九重墳墓在万里也擬 (« neuf enceintes ; les tombes à dix mille lis ; je voudrais aussi… »), 哭涂窮死灰吹不 (« pleurer au bout du chemin ; cendres mortes, souffler, ne pas… »). Les phrases continuent d’une colonne à l’autre. Le 起 final est hors de ce cadrage, à gauche.
  • 04 · Corrections du premier poème : chercher le petit 病, « malade », à droite du grand 少, « jeune », en bas de la colonne de droite. Dans la colonne de gauche, 子, « enfant », est annulé sous 年 ; plus bas viennent 病起頭已白, « relevé de maladie, les cheveux déjà blancs ».
  • 05 · Postface de Huang Tingjian : commencer par les deux grands caractères 東坡, « Dongpo », en haut à droite. Cette écriture est celle de Huang Tingjian, ajoutée après celle de Su Shi.
  • 06 · Index des photographies du rouleau : les vignettes 01 à 17 se suivent, dans chaque rangée, de droite à gauche, puis de la rangée du haut vers celle du bas. 01–02 montrent les inscriptions d’ouverture ; 03–05, le texte de Su Shi ; 06–07 comprennent la postface de Huang ; 08–17 poursuivent avec les inscriptions ultérieures et les plages de papier. Les vues 18–19, présentées à part, montrent l’extérieur du rouleau. Cet index conserve les chevauchements des photographies : ce n’est pas une reconstitution continue à l’échelle.

Pour relier transcription et manuscrit : 灶 = 竈, « fourneau » ; 烧 = 燒, « brûler » ; 湿 = 濕, « mouillé » ; 苇 = 葦, « roseau » ; 见 = 見, « voir » ; 头 = 頭, « tête » ; 乌 = 烏, « corbeau » ; 东 = 東, « est », ici dans le nom Dongpo ; 坟 = 墳, « tombe » ; 拟 = 擬, « envisager » ; 穷 = 窮, « bout, épuisement ». La forme simplifiée est à gauche, celle employée dans les repères du manuscrit à droite. Le caractère 万, « dix mille », apparaît lui aussi sous cette forme ancienne dans le manuscrit ; il ne faut pas le remplacer mécaniquement par la forme traditionnelle usuelle 萬. Dans les repères de la figure 3, 帋, « papier », correspond au 纸 simplifié et au 紙 usuel ; 涂 et 塗 sont des variantes du caractère « chemin ». Ces repères servent à reconnaître les caractères, sans prétendre reproduire toutes les formes du pinceau.

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Références (en anglais)

English source summary

The museum’s detailed collection record supplies the character-by-character transcription, corrections, appended inscriptions and catalogue dimensions. It distinguishes the cancelled 子 and extra 雨, and reads 頭 (“head”) where an appreciation page prints 鬚 (“beard”). The edition preserves that discrepancy rather than silently merging the two sources. The character 万 in the manuscript is an established historical form; visual guides must not replace it with 萬 while claiming to reproduce the exact writing. The paper character appears as 帋; ordinary printed 紙 may be used as a finding aid when identified as such.

The date 1082 belongs to the poems’ composition. The museum’s more specific account places the surviving calligraphy later without a precise year; a brief exhibition caption is not treated as proof of the manuscript’s execution date. The 34.2 × 199.5 cm measurement belongs to the catalogue unit 本幅, not an independently measured section limited to Su Shi’s poems. Huang Tingjian’s later colophon and subsequent inscriptions and seals are separate historical layers.

The exhibition gallery provides the photographs. The website’s own open-information statement, with attribution and any specific restrictions, is the basis recorded for these JPEGs. The download licences on the separate Open Data record are not relabelled onto the exhibition images. Full processing details and official image URLs appear in Image notes.

The linked Chinese texts of the Zhuangzi and Book of Jin explain the midnight carrying-away image and Ruan Ji’s weeping at the end of a road. The Ministry of Education entry identifies the Han Anguo source for “dead ashes rekindle.” These allusions help interpret the poems without claiming that Su Shi literally acted out those episodes.

The optional discussion refers to Han Qin’s own essay on memory and expectation. Its Chinese, Traditional Chinese and English pages above have been checked. The first-person “I wrote” remains the author’s voice in every edition.

Crédits et utilisation des images · 中文 / English

Le site conserve des images WebP adaptées à la lecture, y compris les détails et les autres vues. Un clic ouvre la page de l’œuvre au musée ; les originaux en pleine résolution ne sont pas hébergés ici. Les dimensions, noms de fichiers, coordonnées de recadrage et empreintes ci-dessous décrivent les sources archivées, non les aperçus web.

《寒食帖》许可与署名 · Permissions and credits

国立故宫博物院作品说明 · Museum artwork record

版本 v1.0;核对日期2026年10月18日。

馆方图像

图像:國立故宮博物院,臺北,《北宋蘇東坡書黃州寒食詩 卷》。本包采用2025年百年院庆专题展览所公开的JPEG摄影;五张局部只作矩形裁切、等比例缩小及JPEG编码,另两张为保留重叠的定位/索引编排。

依据國立故宮博物院网站开放资料声明,馆方公开资料可依声明免费重制、改作与传播,须注明来源,并遵守个别材料可能另列的限制。不能暗示馆方认可本文章或衍生图版。本包不为所用专题展览JPEG另行附加CC BY 4.0标签;藏品Open Data下载页面的许可说明属于另一下载来源。

建议署名:“图:國立故宮博物院,臺北,《北宋蘇東坡書黃州寒食詩 卷》;馆方摄影,局部裁切。”定位图与索引改用:“据馆方分段照片编排,保留重叠,非无缝拼接。”

文章与古代文本

苏轼诗文、黄庭坚跋等古代文字为公版作品。本包中文文章依已认可的v0.2原稿制作,繁体为同稿转换,六个外语版本为完整译写,第一人称仍指文章作者秦汉。文章及译稿的发布授权由作者决定;本包没有以馆方图像声明替代作者的文本授权。

English

Images are credited to the National Palace Museum, Taipei. They come from the museum’s 2025 centennial exhibition website. Under its linked Government Website Open Information Announcement, publicly released material can be reused with attribution, subject to any separately stated restrictions. Reuse must not suggest museum endorsement. The exhibition JPEGs in this package are not independently labelled CC BY 4.0; licences attached to downloads from the separate Open Data record should not be transferred to these files.

Recommended credit: “National Palace Museum, Taipei, Northern Song Su Dongpo’s Calligraphy of the Huangzhou Cold Food Poems, handscroll. Museum photograph, detail crop.” For the overview and index, replace “detail crop” with “arrangement of separate museum photographs; overlaps retained; not a seamless composite.”

The ancient poems and inscriptions are in the public domain. Rights in the modern essay and translations remain for the author to determine. The first-person voice refers to the essay’s author, Han Qin (秦汉).


# 《寒食帖》图片说明

图像:國立故宮博物院,臺北,《北宋蘇東坡書黃州寒食詩 卷》。采用2025年百年院庆特展“开门见山”公开摄影,核对日期2026年10月18日。

正文配图为一张苏轼正文定位图和五张局部。另附全卷分段摄影索引,方便区别引首、苏正文、黄庭坚跋、后代题跋与卷外观。没有取得馆方发布的单文件无缝全卷图,因此不把苏正文或人工排列图冒称整装全卷照片。

阅读方向

每一列从上往下,整件手卷从右往左。苏正文从“自我来黄州”读到“右黄州寒食二首”。其左侧更大的黄庭坚后跋,以及两者之间后来加入的乾隆小字,均不是苏轼正文。红印另属收藏、鉴赏等留下的印记。

许可及署名

本组实际使用的是故宫专题展览网站JPEG。依据國立故宮博物院网站开放资料声明,公开资料可免费重制、改作、编辑与公开传播,须注明来源;另有专门限制的材料除外,且使用不得表示馆方认可衍生作品。所用展览图未见另列许可限制。

本组图不自行标为CC BY 4.0。本件作品的Open Data页面另有低阶/简报图CC0、较高分辨率图CC BY 4.0的下载说明,但它与本次采用的专题站图档不是同一下载来源。

建议随图保留的署名:“图:國立故宮博物院,臺北,《北宋蘇東坡書黃州寒食詩 卷》;馆方摄影,局部裁切。”定位图和索引另标“据馆方分段照片编排,保留重叠,非无缝拼接”。不删除或涂改原作中的印记。

配图及官方高清直链

正文定位图

文件:00_su_text_overview.jpg,4080×1030像素。

- 左栏为官方05末段,中栏为官方04中段,右栏为官方03起段。三幅之间有细分隔,并明示从右向左阅读。
- 保留照片之间的重复区域,不作对位变形或无缝缝合;图宽不能换算成苏正文物理长度。
- 官方05最左边保留了少许乾隆小字边缘,图下已有提示。这一边缘不计入苏正文。
- 三幅4000像素源图1:1编排后整体缩为1/3,原始PNG使用最近邻取样;交付JPEG仅作压缩,不另改图像比例。
- 官方03,4000×2736
- 官方04,4000×2726
- 官方05,4000×2731

图1 结尾的跨列与空白

文件:01_ending_detail.jpg,700×1229像素。

- 来源:官方05,4000×2731。
- 原图矩形:左上角x=1240、y=120;宽1430、高2510像素。
- 选取“九重……”列、末句所在列和单字“起”,保留“起”下的空白及原有收藏印。
- 本图中末句在中列,“起”在左列;更右的“九重……”提供相邻行列参照。
- 作用:对应开篇及附读,“不”在列底,“起”在次列上方,句意与视觉终点不重合。

图2 卷首的句读与分列

文件:02_opening_detail.jpg,700×1310像素。

- 来源:官方03,4000×2736。
- 原图矩形:左上角x=850、y=170;宽1320、高2470像素。
- 完整保留卷首三列及部分朱印,足以追踪“寒/食”“不/容惜”跨列与重文符号。
- 作用:第二列长“年”与左右不同密度并置,避免只抽取单字而丢掉行气。

图3 重墨中的细笔与空处

文件:03_ink_spacing_detail.jpg,1160×1295像素。

- 来源:官方05,4000×2731。
- 原图矩形:左上角x=1680、y=120;宽2320、高2590像素。
- 保留连续五列,自右向左为“破竈烧湿苇那”“知是寒食但见乌”“衔纸君门深”“九重坟墓在万里也拟”“哭涂穷死灰吹不”;此处为辨认方便使用通行字,原迹字形见图。
- “破竈”“湿苇”“寒食”连同相邻字列完整保留;下沿留出纸边,不截断列尾笔画,原有朱印与纸损不作删改。
- 作用:让重墨、细笔、字内露白和列尾挤密在同一画面中直接比较,对应“重墨里面,还留着细笔与空处”一节。
- 以Lanczos重采样等比例缩为1/2,JPEG质量93、4:4:4编码;未改色、锐化或补画。

图4 删补与异文核对

文件:04_revision_detail.jpg,540×1500像素。

- 来源:官方04,4000×2726。
- 原图矩形:左上角x=2370、y=120;宽900、高2500像素。
- 保留“何殊少”旁的小“病”、次列“年”下点去的“子”,以及“病起頭已白”。右边还有相邻字列的少量边缘,未作抹除。
- 作用:显示校读后净文本和物质墨迹的区别;“頭”完整保留,未在上沿截断。

图5 黄庭坚后跋开头

文件:05_huang_colophon_detail.jpg,620×1436像素。

- 来源:官方06,4000×2736。
- 原图矩形:左上角x=1590、y=0;宽1140、高2640像素。
- 保留跋首两列“东坡此诗似李太白/犹恐太白有未到……”及局部朱印;不把左边未纳入的“处”补画进去。
- 作用:清楚标明书写者已更换,并比较更大的字、较长的向外伸展笔画与苏正文的厚墨聚合。
- 官方07,黄跋后半及董其昌题识,4000×2741

全卷分段摄影索引

文件:06_full_scroll_gallery_index.jpg,2200×3220像素。

- 收录上述官方相簿全部19张照片的缩略图。
- 编号01—17为展开后的卷心影像,按每行由右至左、由上至下排列;18—19是外包首、系带等外观,另外列出。
- 相邻摄影可能重复,空纸也按原相簿保留。本图是访问原图的索引,不是一个可测量的无缝长卷。
- 高清浏览仍请打开馆方相簿所在页面。

加工边界

五张局部均只做矩形裁切、等比例缩小及JPEG编码。缩图采用常规重采样,仅供阅读;精确核笔可回看官方4000像素源图。没有生成、仿写、补笔、去印、变形、透视重建、锐化或改色。图上的历史纸损与印记原样保留。

数字图像的颜色受摄影、编码与屏幕影响。不同摄影组之间的纸色深浅,不能直接当作原作材质或墨色发生变化的证据。

English guide to the seven shared images

All eight essays use the same seven JPEG files. Their Chinese labels have been retained. The six non-Chinese essays provide their own figure captions, character glosses and directions; this guide also explains the two navigation images. Read every calligraphic column from top to bottom and move between columns from right to left.

- 00 · Su Shi text overview: three museum photographs arranged for orientation, with photograph 03 on the right, 04 in the centre and 05 on the left. Their overlapping regions remain visible. This is not a seamless reconstruction, and its width cannot be used to measure the manuscript. The small edge of later Qianlong writing visible at the far left does not belong to Su Shi’s text.
- Figure 1 · Ending: 不, the negative word “not,” is at the bottom of the middle column; 起, “rise” or here “be rekindled,” stands at the top of the column to its left. The crop retains the long blank area beneath 起. The inscription following Su’s poems lies outside this crop.
- Figure 2 · Opening: the word 寒食, “Cold Food,” crosses from 寒 at the bottom of the rightmost column to 食 at the top of the next. The sequence 不/容惜 also crosses a column boundary. Small repetition marks below 年 (“year”) and 春 (“spring”) instruct the reader to repeat those characters; they are not punctuation.
- Figure 3 · Five adjacent columns: the rightmost column begins 破竈, “broken stove,” and continues through 燒濕葦那, “burn / wet / reeds / how.” The next reads 知是寒食但見烏, “know / is / Cold Food / only / see / crows.” The other three retain the compressed column endings and renewed expansion discussed in the essay. The simplified forms 灶、湿、苇、见、乌 correspond to 竈、濕、葦、見、烏 in the manuscript; typed characters are finding aids rather than facsimile shapes.
- Figure 4 · Revision: a small 病 (“ill”) is inserted beside 少 (“young”) in the right column; 子, an abandoned character, is cancelled below 年 in the left column. The accepted phrase reads 何殊病少年, “how unlike a young person who falls ill?” The next line has 頭 (“head,” here referring to hair), not the reading 鬚 (“beard”) printed on one museum explanatory page. Both readings and the basis for this edition are recorded in the essay.
- Figure 5 · Huang Tingjian’s colophon: the opening 東坡此詩似李太白 means “These poems by Dongpo resemble Li Taibai [Li Bai]…”. Dongpo is Su Shi’s literary name. These larger characters were written by Huang Tingjian, not by Su Shi. They are a later response to the manuscript.
- 06 · Full-scroll photograph index: all 19 photographs from the museum gallery, reduced to thumbnails. Images 01–17 show the opened scroll and are arranged from right to left within each row, with rows proceeding from top to bottom. Images 18–19, shown separately, depict the outer wrapping and ties. The photographs include overlaps and blank paper. This is an index, not a continuous, measurable image of the complete mounted scroll. Photos 01–02 include the frontispiece, 03–05 Su Shi’s poems and final inscription, 06–07 Huang’s colophon, and 08–17 later inscriptions and blank areas.

The five detail images have only been rectangularly cropped, proportionally reduced and JPEG-encoded. No strokes, seals or paper damage have been removed or invented, and no colour adjustment, sharpening, warping or perspective reconstruction has been applied. The overview and index are explicitly labelled arrangements of separate museum photographs. Exact crop rectangles, pixel dimensions and checksums appear in IMAGE_MANIFEST.json.

Credit: National Palace Museum, Taipei, Northern Song Su Dongpo’s Calligraphy of the Huangzhou Cold Food Poems, handscroll. Museum photographs; detail crops or navigation arrangements as specified. The website permission statement and the separate Open Data download licences must not be conflated. See Permissions and credits.