La scène

Le renard affirme au tigre que tous les animaux le craignent et marche devant lui pour le prouver. Les bêtes s’enfuient, mais elles regardent le tigre. Le renard transforme une peur adressée à un autre en reconnaissance de sa propre grandeur.

Ce que la morale laisse de côté

Le pouvoir emprunté produit pourtant des effets réels. Un titre, un uniforme, la proximité d’un dirigeant ou le logo d’une institution suffisent si chacun sait quel tigre apparaîtra après un refus. Une autorité construite n’est pas inoffensive ; elle dissimule souvent le lieu de la force et brouille celui de la responsabilité.

Rouvrir la fin

Il ne suffit donc pas de demander qui parle le plus fort. Que se passe-t-il si l’on dit non ? Rire du renard laisse le tigre intact à l’arrière-plan. Pour défaire une puissance empruntée, il faut distinguer celui qui la joue de celui qui la garantit, puis suivre la responsabilité jusqu’à sa source.