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NON DUBITO · Calligraphie · Calligraphie chinoise

Mi Fu, Écriture sur soie du Sichuan : des caractères qui se tiennent autrement entre les lignes droites

Les cinq caractères 青松勁挺姿, « le pin vert a une allure vigoureuse et droite », occupent une étroite colonne réglée, sans former un unique pilier vertical.

Dans cet essai

Les cinq caractères 青松勁挺姿, « le pin vert a une allure vigoureuse et droite », occupent une étroite colonne réglée, sans former un unique pilier vertical. Les traits horizontaux de 青, « vert », montent vers la droite ; les deux parties de 松, « pin », se décalent. Dans 挺, « droit », un trait inférieur s’étend presque jusqu’à la ligne. 姿, « allure », se resserre ensuite, avant que les inflexions de 凌, plus bas, attirent à nouveau le regard.

凌 commence ici le nom 凌霄, « bignone ».

La fine ligne droite reste à côté. Sa présence rend plus sensibles les inclinaisons, les élargissements et les resserrements des caractères. Elle demeure visible sans effacer leurs différentes attitudes.

Début du rouleau avec le titre, les lignes tissées et les colonnes voisines
Figure 1. Lire les colonnes de droite à gauche et les caractères de haut en bas. À droite : 擬古, « À la manière ancienne ». La colonne suivante commence par 青松勁挺姿, « le pin vert a une allure vigoureuse et droite ». À sa gauche : 屈盤種〔signe de répétition〕出枝葉牽, qui évoque la courbure, l’enroulement, puis les pousses et les feuilles ; ensuite 連上松端秋花起絳烟, « jusqu’à la cime du pin ; les fleurs d’automne montent comme une fumée pourpre ». Une autre colonne est conservée à gauche. Les sceaux rouges relèvent de l’histoire des collections ; les lignes appartiennent au support textile. Musée national du Palais, Taipei ; photographie du musée recadrée. Image officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Une part du mouvement de l’Écriture sur soie du Sichuan, ou Shusu tie (蜀素帖), tient à cette différence simultanément visible : les longues lignes descendent dans la soie, tandis que les traits horizontaux, obliques et courbes des caractères changent de direction. Si l’on découpait chaque caractère pour le poser sur un fond blanc uniforme, ses beaux traits subsisteraient. On perdrait le repère permettant de voir à quelle distance il se tient du bord et comment il s’oriente dans cette colonne.

Il s’agit de l’autographe de Mi Fu daté de 1088, conservé au Musée national du Palais à Taipei. Le musée décrit la partie principale comme un damas de soie de 27,8 × 270,8 centimètres. Ce tissu du Sichuan est couramment nommé « Shu su » ; selon le musée, ses fines limites de colonnes sont tissées en soie noire. Une inscription de Lin Xi date la fabrication de 1044. À sa demande, Mi Fu écrivit sur ce rouleau précieux huit poèmes sous six titres, puis indiqua le vingt-troisième jour du neuvième mois de l’année wuchen de l’ère Yuanyou, soit 1088. Fabriquer le tissu et y écrire sont deux événements distincts. Notice et transcription du musée ; présentation de l’exposition de 2025

Suivons les quatre premiers poèmes. Avant de transformer la « vivacité » en jugement de caractère, distinguons deux sortes de lignes : celles qui donnent au rouleau une direction continue et celles que chaque caractère réorganise. Leur présence conjointe mérite qu’on s’y arrête.

« Droit » ne signifie pas une suite de verticales

Revenons à la figure 1. Les horizontales supérieures de 青, « vert », montent dans une direction apparentée, tandis que sa partie verticale inférieure maintient sa cohésion. 松, « pin », n’est pas un bloc noir plein : un étroit intervalle de soie sépare ses deux côtés. La partie droite de 勁, « vigoureux », s’étire obliquement ; 挺, « droit », déploie sa largeur plus bas. D’un caractère à l’autre, le noir se rassemble en haut ou s’étend de côté. Les formes penchent, mais la lecture continue vers le bas.

Dans la colonne voisine à gauche, 屈, « courber », est particulièrement allongé ; 盤, « enrouler », présente dessous un intérieur dense. Un petit signe après 種 invite à répéter ce caractère. Puis 出, « sortir », s’élargit, et 枝, « branche », 葉, « feuille », regroupent leurs traits. En bas, 牽, « tirer », approche la limite inférieure par des lignes fines et longues. Les couloirs gardent à peu près la même largeur ; la hauteur et la largeur des caractères varient. Aucune division horizontale ne leur attribue des carrés égaux.

Le poème loue la vigueur droite du pin ; l’écriture montre qu’une tenue droite peut résulter de traits qui ne sont pas tous verticaux. La stabilité d’un caractère n’exige pas que chaque trait soit parallèle aux lignes du tissu. La relation calligraphique 欹正, entre inclinaison et droiture, devient ici observable : les obliques et la direction descendante de la colonne coexistent, chacune rendant l’autre plus nette.

Cet ensemble porte le titre 擬古, « À la manière ancienne ». Voici le premier poème en entier. Les quatre textes chinois sont transcrits en caractères simplifiés usuels, avec ponctuation, vers et répétitions développées par l’éditeur. Ils ne reproduisent pas les colonnes manuscrites. Les photographies conservent des formes historiques telles que 勁 pour 劲, « vigoureux », ou 葉 pour 叶, « feuille ».

青松劲挺姿,凌霄耻屈盘。
种种出枝叶,牵连上松端。
秋花起绛烟,旖旎云锦殷。
不羞不自立,舒光射丸丸。
柏见吐子效,鹤疑缩颈还。
青松本无华,安得保岁寒。

Le pin vert se dresse, vigoureux ;
la bignone dédaigne de s’enrouler tout en bas.
Elle pousse branches et feuilles,
s’enlace et monte jusqu’à la cime du pin.
Les fleurs d’automne s’élèvent en fumée pourpre,
foisonnantes comme un brocart de nuages rouge sombre.
Sans honte de ne pouvoir se tenir seule,
elle répand son éclat sur le tronc bien droit.
Le cyprès le voit et produit des graines pour l’imiter ;
la grue, perplexe, retire son cou.
Le pin vert n’a pas lui-même de telles fleurs :
comment les préserverait-il du froid de l’hiver ?

Cette traduction lit la question finale ainsi : les fleurs qui s’épanouissent en s’agrippant au pin peuvent-elles obtenir sa résistance à l’hiver ? 丸丸 est compris comme « poussant droit », d’après « pins et cyprès poussant droit » dans le Livre des Odes, et non comme un fruit rond. « Sans fleurs » répond aux fleurs d’automne, et la question reste ouverte dans la phrase. Le poème décrit l’exubérance d’une croissance soutenue par autre chose. Les caractères écrits sur la soie ont, eux, des appuis et des déploiements que l’on peut distinguer. Livre des Odes, « Yin wu », texte chinois

Le sens attire l’attention sur « vigoureux et droit » sans décider de la direction de chaque trait. Regardons 青 et 挺 à côté des lignes : inclinaison et droiture prennent un repère précis, dans l’ascension oblique d’une horizontale ou la position du poids au sein de la colonne.

Remplir une colonne, ou en laisser la majeure partie

Vers la fin du premier poème, 青松本無華安得保, « le pin vert n’a pas lui-même de fleurs ; comment pourrait-il préserver… », remplit une colonne. Les derniers caractères 歲寒, « froid de l’hiver », occupent seulement le haut de la suivante. Une grande longueur de soie reste sans texte de Mi Fu. Encore à gauche, 龜鶴年壽齊, « tortue et grue sont égales en longévité », commence le deuxième poème tout en haut.

La courte colonne 歲寒 entre la fin du premier poème et le début du deuxième
Figure 2. De droite à gauche : 青松本無華安得保 ; 歲寒, « froid de l’hiver » ; 龜鶴年壽齊羽介所, « tortue et grue sont égales en longévité ; plume et carapace, ce dont… ». La colonne de gauche poursuit 託殊種〔signe de répétition〕是靈物相得, « elles dépendent diffère ; toutes deux sont des êtres merveilleux, en accord ». Lire chaque colonne de haut en bas. Le sceau rouge sous 歲寒 fut ajouté au cours de l’histoire des collections. Musée national du Palais, Taipei ; photographie recadrée. Image officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

L’espace non écrit a deux bords nets. Il demeure dans les lignes continues, aussi long que les couloirs voisins. Le poème s’achève, mais le couloir ne raccourcit pas. On voit à la fois où les mots s’arrêtent et quelle longueur ils laissent inemployée.

Au bas de 寒, « froid », un trait fin se recourbe vers le bas sans rencontrer de caractère suivant. À gauche, 龜, « tortue », et 鶴, « grue », réintroduisent un noir large et dense. Le long trait descendant de 年, « années », ouvre cette densité avant 壽, « longévité », et 齊, « égal ». Après la pause, le deuxième poème ne reprend pas simplement la disposition précédente.

Voici ce deuxième poème en entier :

龟鹤年寿齐,羽介所托殊。
种种是灵物,相得忘形躯。
鹤有冲霄心,龟厌曳尾居。
以竹两附口,相将上云衢。
报汝慎勿语,一语堕泥涂。

Tortue et grue sont égales en longue vie ;
plume et carapace leur donnent des corps différents.
Toutes deux sont des êtres merveilleux ;
en accord, elles oublient leur forme corporelle.
La grue veut s’élancer vers le ciel ;
la tortue se lasse de vivre la queue traînante.
Tenant toutes deux dans leur bouche le même bâton de bambou,
elles montent ensemble sur les chemins des nuages.
Prends garde, je te le dis, ne parle pas :
un mot, et tu tombes dans la boue.

L’ascension a des conditions précises : des corps différents, un bambou, une bouche qui doit rester fermée. Le désir de hauteur prend forme dans ces choses. Entre « chemins des nuages » et « tomber dans la boue », il n’y a qu’une prise de parole.

Les caractères proposent eux aussi un trajet inégal, mais d’une autre nature. À droite de la figure 3, la colonne 忘形軀鶴有沖霄心龜 signifie « oublier la forme corporelle ; la grue désire s’élancer au ciel ; la tortue… ». 形, « forme », et 軀, « corps », présentent des traits plus fins et discontinus ; 鶴, « grue », est ensuite dense. 有, « avoir », et 沖, « s’élancer », deviennent plus simples et aérés. 心, « cœur » ou « intention », s’ouvre des deux côtés ; le 龜 final, « tortue », se rassemble à nouveau. Ces formes alternent dans le même couloir sans périodicité régulière ni agrandissement continu.

Cinq colonnes réglées avec la deuxième moitié du poème et le titre suivant
Figure 3. De droite à gauche : 忘形軀鶴有沖霄心龜 ; 厭曳尾居以竹兩附口相 ; 將上雲衢報汝慎勿語 ; 一語墮泥塗. Le passage va de l’oubli du corps à « un mot, et tu tombes dans la boue ». À gauche : 吳江垂虹亭作, « Écrit au pavillon Chuihong, à Wujiang », titre suivant. Musée national du Palais, Taipei ; photographie recadrée. Image officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Dans la colonne voisine, les formes allongées de 厭曳尾居, « se lasser de vivre la queue traînante », partagent la hauteur en grandes sections. Plus bas, dans 以竹兩附口相, « toutes deux tenant le même bambou dans leur bouche, ensemble… », le simple 口, « bouche », suit le plus complexe 附, « attacher ». La continuité tient à la possibilité de poursuivre la lecture entre ces largeurs et ces positions changeantes. Les lignes ne font pas ce travail à la place des traits.

À 一語墮泥塗, « un mot, et tu tombes dans la boue », la colonne s’arrête au-dessous de sa moitié. À gauche, le titre des poèmes de Wujiang commence un peu sous la ligne supérieure, introduisant les deux pièces suivantes. Fins de poèmes, colonnes courtes et nouveaux titres articulent les huit pièces : nous trouvons où commence la suivante. Les lignes continues permettent de comparer ces diverses fins et reprises sur une même soie.

L’eau et le ciel se confondent ; chaque trait garde sa place

Avec les deux quatrains de Wujiang, dont chaque vers compte sept caractères, le texte passe de la fable à l’eau sous les yeux du voyageur. Le premier associe voile, poisson, mandarine et couleurs automnales. Le second rejoint, depuis le lac, la Tisserande céleste et la déesse de la Lune.

Écrit au pavillon Chuihong, à Wujiang : premier poème

断云一片洞庭帆,玉破鲈鱼金破柑。
好作新诗继桑苎,垂虹秋色满东南。

Un fragment de nuage, une voile vers Dongting ;
perche découpée : jade blanc ; mandarine ouverte : or.
Voici l’heure d’un nouveau poème à la suite de Sangzhu :
les couleurs d’automne de Chuihong emplissent le sud-est.

桑苎, Sangzhu, renvoie au surnom de Lu Yu, le Vieil Homme du mûrier et de la ramie. Jade et or distinguent le blanc du poisson et le jaune du fruit. Sur le rouleau, 金, « or », est une petite correction latérale ; le grand 霜, « givre », initial subsiste. La transcription lit le mot corrigé, la photographie conserve les deux.

Deuxième poème

泛泛五湖霜气清,漫漫不辨水天形。
何须织女支机石,且戏常娥称客星。

À la dérive sur les Cinq Lacs, dans l’air clair et givré ;
l’étendue ne distingue plus la forme de l’eau de celle du ciel.
Pourquoi chercher la pierre qui soutient le métier de la Tisserande ?
Je plaisante avec la déesse lunaire et me dis une étoile de passage.

Le nom 常娥 du manuscrit est celui de Chang’e, habituellement écrit 嫦娥. La pierre du métier et l’étoile de passage entraînent la navigation vers les légendes du fleuve céleste, tandis que demeurent l’air frais d’automne et l’indistinction de l’eau et du ciel. Après les deux poèmes, une note plus petite précise 時為湖州之行 : « alors en route pour Huzhou ».

Les deux poèmes de Wujiang et la note sur le voyage à Huzhou dans sept couloirs voisins
Figure 4. À droite commence 斷雲一片洞庭帆, « un fragment de nuage, une voile vers Dongting ». En haut de la deuxième colonne, un petit 金, « or », apparaît à droite de 霜, « givre » ; on lit la correction 金破柑, « mandarine ouverte : or ». Les marques après 泛, « dériver », et 漫, « immense », répètent ces caractères. Tout à gauche : 時為湖州之行, « alors en route pour Huzhou ». Musée national du Palais, Taipei ; photographie recadrée. Image officielle en haute définitionVoir les images sur la page de l’œuvre au musée ↗

Suivons la colonne de droite, 斷雲一片洞庭帆玉破鱸. 斷, « rompu », et 雲, « nuage », rassemblent le noir en haut ; 一, « un », n’emploie qu’une horizontale. 片, « fragment », laisse un grand espace intérieur ; 洞 et 庭, ensemble le nom Dongting, rétablissent de la largeur. Vers le bas, 鱸, « perche », occupe densément la place restante. Le couloir garde sa largeur, mais ses dix caractères ne sont pas dix carrés identiques.

À côté du grand 霜, « givre », en haut de la colonne suivante, le petit 金, « or », utilise l’étroit intervalle de droite jusqu’à la ligne. Deux tailles coexistent parce que le couloir délimite l’ensemble de la colonne sans en distribuer chaque portion à des caractères égaux. La correction révèle que la soie visible peut accueillir un caractère supplémentaire.

Dans la colonne centrale 泛〔signe de répétition〕五湖霜氣清漫〔signe de répétition〕不, 五, « cinq », s’étale horizontalement ; 湖, « lac », ménage des vides allongés ; 霜, « givre », se concentre. La partie inférieure de 氣, « air », part vers la droite ; 清, « clair », reprend une division gauche-droite. Dans la voisine, 辨水天形何須織女支, 水, « eau », s’ouvre des deux côtés ; 形, « forme », et 何, « pourquoi », s’affinent ; 織, « tisser », se densifie et 支, « soutenir », s’achève vers la droite. Le parallélisme des lignes ne transforme pas ces ouvertures et replis en un seul geste répété.

La soie mérite aussi le regard. Sa fine texture apparaît dans les surfaces dégagées et entre les traits plus légers. Auprès du noir profond de 霜 et 清, elle forme une limite nette. Le matériau n’a pas disparu derrière l’écriture : traits, tissu exposé et fines lignes droites composent ensemble la surface visible.

Les largeurs et les réserves visibles sur la photographie ne donnent pas directement la pression, la vitesse ou la résistance de la soie. La comparaison est déjà riche : descendre le long d’une ligne, partir de côté avec une horizontale ; rencontrer un groupe dense de traits, puis une petite ouverture de tissu.

Les différentes attitudes du Shusu tie n’attendent pas le franchissement d’une limite pour exister. Beaucoup se produit à l’intérieur des couloirs continus : l’oblique révèle le repère vertical, la colonne courte révèle toute la longueur disponible, le trait fin révèle le matériau. Mi Fu écrit dans un textile déjà formé, et ce textile demeure entre ses caractères. Une part du mouvement naît de leur présence conjointe.

Lecture facultative : plusieurs histoires sur une même surface

La longue zone sous 歲寒, « froid de l’hiver », dans la figure 2 offre un point de départ. Aucun caractère ne suit, mais restent la texture, les deux lignes latérales et un sceau rouge ajouté plus tard. Tous appartiennent à l’image actuelle ; ils n’étaient pas tous présents au même moment sous le pinceau de Mi Fu.

Dans « Le bois garde encore cette année de sécheresse », j’ai écrit que le passé d’un objet peut rester dans sa forme présente, à condition de distinguer comment il y reste, au lieu de lui substituer un vague « autrefois ». Ici, les lignes acquièrent un poids supplémentaire : elles proviennent de la fabrication antérieure à l’écriture. Elles n’ont pas été tracées pour aider notre explication actuelle des caractères inclinés de Mi Fu. Le lien mène au texte chinois ; le titre français est une traduction éditoriale.

L’inscription de Lin Xi mentionne la fabrication en 1044 et le montage en 1068, lorsqu’il comptait inviter des calligraphes à écrire sur le rouleau. Mi Fu date sa conclusion de 1088. Ces textes étayent une succession. L’image et l’inscription se rejoignent : l’œil repère les lignes existantes, le texte éclaire leur histoire antérieure. Les sceaux de collectionneurs font aussi de « Mi Fu n’a rien écrit ici » une observation différente de « cet endroit est entièrement vide aujourd’hui ».

La « beauté de la causalité » de SAE, Self-as-an-End, ajoute ici une sensibilité aux différents processus de formation sur une même surface. Tissage, écriture, apposition de sceaux puis photographie laissent chacun quelque chose de différent. Les distinguer rend aux caractères un matériau et une histoire. L’écriture répond à ce qui était déjà fabriqué, puis laisse sa propre disposition, où les regards ultérieurs peuvent encore retrouver inclinaisons, largeurs et places non écrites.

Version, établissement du texte et images
  • L’œuvre est 宋米芾蜀素帖卷, Musée national du Palais, inventaire 故書000071N000000000. Partie principale : damas de soie, 27,8 × 270,8 cm. « Soie » et « soie du Sichuan » suivent l’usage ; le support n’est pas du papier. Les anciennes notices divergent sur les dates de vie de Mi Fu. L’essai retient la date d’exécution actuelle, 1088, sans déduire le style d’un âge supposé.
  • Quatre des huit poèmes sont intégralement transcrits et traduits. Chaque version étrangère conserve ces quatre textes chinois et leurs traductions complètes. Formes historiques : 勁/劲, « vigoureux » ; 龜/龟, « tortue » ; 鶴/鹤, « grue » ; 壽/寿, « longévité » ; 華/华, « fleur » ; 斷/断, « rompu » ; 雲/云, « nuage » ; 鱸/鲈, « perche ». Les formes simplifiées sont des aides à la lecture. La correction de 霜 en 金 est suivie, les répétitions développées, 常娥 conservé. La lecture de la première question finale est explicitement présentée comme celle de cet essai.
  • Les quatre détails proviennent des images 2-4-3, 2-4-4 et 2-4-5 de l’exposition de 2025, uniquement recadrées et encodées en JPEG. Les colonnes voisines et les lignes restent visibles ; aucun trait, sceau ou coloris n’a été ajouté, supprimé ou généré. Le paquet fournit un index des 17 photographies et leurs liens officiels. Dans l’index, suivre les numéros de gauche à droite puis vers le bas ; dans chaque photographie, le rouleau se lit de droite à gauche. Les vues se chevauchent et ne permettent pas de calculer une longueur physique par simple assemblage.
  • Cette étude repose sur des photographies publiques, non sur une observation devant l’original. Inclinaison, intervalles et texture sont comparés à partir de ce qui est visible ; ils ne prouvent ni un état psychique précis, ni une personnalité, ni l’ensemble du processus de fabrication.
  • Crédit : Musée national du Palais, Taipei. Sa déclaration générale de réutilisation autorise des usages sous conditions, dont l’attribution, et prévoit des exceptions. Aucune autorisation individuelle n’a été obtenue. Les licences CC0 ou CC BY d’autres canaux de téléchargement n’ont pas été transférées à ces JPEG d’exposition. Voir la notice de droits jointe.

Pour poursuivre

Références · 中文 / English

《蜀素帖》来源记录 · Sources

中国书法细读 08 · 2026-10-19

官方藏品记录

国立故宫博物院:宋米芾蜀素帖卷

已读取完整释文、题跋资料和材质尺寸。文物统一编号故书000071N000000000;本幅绫本27.8×270.8厘米;作品创作年1088。全文共六题八诗,本文选择开头《拟古》二首和《吴江垂虹亭作》二首作完整译读。正文不是全卷八诗全译,未假装涵盖全部。

米芾末署“元祐戊辰,九月廿三日,溪堂米黻记”。林希1068年题记记材料为1044年东川制作,存家二十余年后装成,并拟请善书者题写。材料年代与书写年代分开。典藏页旧简介所列米芾生卒年不一致,本文不用年龄推定风格;现行展页列1052–1108。

English: the primary museum catalogue supplies the complete transcription, inscriptions, material and dimensions. Four of the scroll’s eight poems are translated in this essay. The date of the silk’s manufacture, recorded in Lin Xi’s inscription, is distinguished from Mi Fu’s date of execution. Earlier museum texts list differing birth/death dates; the essay does not derive a stylistic claim from an assumed age.

实际图源

2025年“千年神遇——北宋西园雅集传奇”,舒心畅意单元

该页《蜀素帖》相簿列17张JPEG。原图均为馆方直接公开文件,宽2000像素,已核对并留存于研究工作区,发布包以官网外链提供。正文四图分别来自2-4-3.jpg、2-4-4.jpg、2-4-5.jpg。每图均实际查看,并保留栏线及相邻完整字列;裁切坐标、源尺寸及加工方式见 IMAGE_MANIFEST.json。每列阅读自上而下,列次从右至左。

本包不使用现代临写、不使用AI生成字迹,不用其他版本代替本幅。00_gallery_index.jpg只把17张缩略图分开排列并标原文件编号,并非无缝拼接的全卷。相邻照片有重叠;编号1→17大体顺着展卷由右向左的阅读顺序,索引按编号从上到下、每行从左到右寻找。

English: all source images are museum JPEGs from the stated 2025 exhibition. The four essay details retain the rules and neighbouring columns. The index is a contact sheet of separate overlapping museum photographs, not a seamless reconstruction, and cannot be used to calculate the physical length of the handscroll.

诗文释读

“霜”右旁小“金”的改字与重文符号均据本幅和馆方释文。保留“常娥”而说明其指嫦娥。第一首结尾译为依附之花能否随松过冬,是本文明确标注的解读,并非馆方既定解释。译文为本篇编辑译文,不冒充馆方释文或官方译诗。

《诗经·商颂·殷武》有“松柏丸丸”,用于“丸丸”的古典词义背景。第一首现代译文避免把“丸丸”错作圆果实。

English: modern translations are editorial. The closing question of the first poem receives an explicitly identified interpretation, rather than a falsely definitive museum gloss. The historical name 常娥 is retained. 霜, “frost,” and the small replacement 金, “gold,” remain distinct in the image.

实际阅读的附读散文

秦汉:《木头里留着那一年的旱》。

官网英文:The Wood Still Holds That Dry Year。

中文及官网英文全文均已阅读。本篇借其“不同形成过程留下不同痕迹”的观察,区分织物制作、墨迹、钤印和摄影;不将树轮年代学直接套用到书法,不以绢的纹理猜定毛笔压力、速度、吸墨性或摩擦机制。Self-as-an-End各语保留原名。

English: the complete Chinese and English Ray 05 essays were read. The optional passage gives a specific addition to the main reading: the ruled support has a material history before Mi Fu’s writing, while seals and photography add later layers. It does not import tree-ring methods into manuscript dating.

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Crédits et utilisation des images · 中文 / English

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Published image provenance / 配图来源

Collection record / 馆藏记录

图片权利与署名 · Image rights and credits

实际来源和统一署名

国立故宫博物院,台北,宋米芾《蜀素帖》卷;馆方2025年“千年神遇——北宋西园雅集传奇”展览摄影。正文图为矩形局部裁切;索引为分图缩略排列。不得将本篇解释称作馆方审核或背书。

Collection and image credit: National Palace Museum, Taipei, Mi Fu, On Sichuan Silk, handscroll. Photographs published for the museum’s 2025 exhibition Assembly for the Ages. Essay figures are rectangular crops; the contact sheet arranges separate photographic views. No museum review or endorsement is claimed.

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# 看图导览与官方高清链接 · Image guide

正文四图均含乌丝栏及邻列,读列从右至左,每列从上而下。图片编号不是原卷列号。JPEG只按原图矩形裁切,不作补笔、调色或去印。

Read the calligraphy’s columns from right to left, and characters downwards. Figure numbers do not number the manuscript’s columns. The details retain the silk rules and neighbouring writing. No retouching or colour adjustment has been applied.

1. 卷首 / Opening

本地局部 · 官方原图

右起:擬古;青松勁挺姿凌霄恥;屈盤種〔重文符号〕出枝葉牽;連上松端秋花起絳烟;左边保留下一列。看“青”“挺”的斜向和展宽怎样与直栏并存。

From the right: 擬古, “In the ancient manner,” is the title. The next column begins 青松勁挺姿, “the green pine has a strong, upright bearing.” Compare 青, “green,” and 挺, “upright,” with the neighbouring vertical rules. In the next column the small mark below 種 repeats the character; it is not punctuation.

2. 第一首结尾、第二首开头 / Between the first two poems

本地局部 · 官方原图

“岁寒”在右起第二列上端,其下没有米芾正文。再左为“龟鹤年寿齐”,繁密的“龟”“鹤”之后有“年”的长竖。右列及左列保留完整邻接。

歲寒, “winter’s cold,” occupies the top of the second column from the right. No further poem text follows underneath. To its left, 龜鶴年壽齊, “tortoise and crane are alike in longevity,” starts the next poem. 年, “years,” has a long descending stroke below the dense 龜, “tortoise,” and 鶴, “crane.”

3. 第二首后半及新题 / Second poem and the next title

本地局部 · 官方原图

右起“忘形軀鶴有沖霄心龜”“厭曳尾居以竹兩附口相”“將上雲衢報汝慎勿語”“一語墮泥塗”;左列为“吳江垂虹亭作”。

At the far right compare 形, “form,” and 軀, “body,” with the denser 鶴, “crane,” below; then 有, “have,” 沖, “soar,” 霄, “sky,” 心, “heart/intention,” and 龜, “tortoise.” The second column from the left ends the poem with 一語墮泥塗, “one word and you fall into the mud.” The leftmost column is the next title, “Written at Chuihong Pavilion, Wujiang.”

4. 吴江二首 / The two Wujiang poems

本地局部 · 官方原图

右列从“斷雲一片洞庭帆”开始。右起第二列上方“霜”右旁有小“金”,据改字读“金破柑”。“泛”“漫”后符号提示重读。最左为“时为湖州之行”。

The rightmost column starts 斷雲一片洞庭帆, “a fragment of cloud, a sail towards Dongting.” Near the top of the next column a small 金, “gold,” is inserted to the right of 霜, “frost.” Read the revised phrase 金破柑, “split tangerines, gold.” Marks after 泛 and 漫 repeat those characters. At far left, 時為湖州之行 means “at the time, on a journey to Huzhou.”

官方分图索引 / Index to the museum photographs

打开17张分图索引 / Open the contact sheet

索引按数字1→17从上至下、每行先左后右找图;每张内部的手卷仍从右向左读。每张照片分开保留,且相邻照片有重叠。3→9主要涵盖米芾正文,与前后题跋分辨;不可把索引称作无缝全卷图。

Find images by ascending number, left to right within each row and then down the sheet. Within each photograph, the handscroll still reads right to left. Views overlap. Images 3–9 principally cover Mi Fu’s main text; earlier and later views include other mounted material and inscriptions. This is not a seamless full-scroll image.

以下17张原图直链均来自同一馆方相簿(需联网):

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